Autoconsommation avec revente du surplus : ce que vaut un kWh injecté, ce que vaut un kWh gardé

Par
Jérémy Assayag
le
28 Sep 2026

12 min

Connecteur de recharge pour véhicule électrique posé au sol, éclairé par une ligne orange

Pas le temps de tout lire ? Je vous fais un récap

  • Le kWh injecté rapporte le tarif du contrat d'obligation d'achat : 1,1 c€ sous l'arrêté du 1er juin 2026, 4 c€ sous l'arrêté du 26 mars 2025 pour une installation jusqu'à 9 kWc.
  • Consommé sur place, ce même kWh évite d'en acheter un au prix complet, autour de 0,20 € TTC au tarif réglementé : consommer son surplus vaut bien plus que le vendre.
  • Soutirage et injection relèvent de deux contrats distincts : changer de fournisseur ne remet en cause ni le contrat de rachat ni son tarif.
  • Le tarif de rachat est celui en vigueur à la date de demande de raccordement, et il reste attaché au contrat pendant vingt ans.
  • L'arrêté du 1er juin 2026 abroge la prime à l'autoconsommation : pour une installation qui en relève, seul reste le tarif d'achat du surplus.

L'autoconsommation avec revente du surplus consiste à consommer d'abord l'électricité de vos panneaux, puis à vendre le reste sous un contrat d'obligation d'achat de vingt ans. Le kWh injecté rapporte le tarif de ce contrat : 1,1 c€ pour une installation relevant de l'arrêté du 1er juin 2026. Le kWh consommé sur place vous évite d'en acheter un au prix complet, autour de 0,20 € TTC au tarif réglementé. Consommer son surplus vaut donc bien plus que le vendre. Votre contrat de rachat, lui, ne dépend pas de votre fournisseur : vous le gardez si vous en changez.

Pour stocker plutôt que déplacer vos usages, la méthode pour dimensionner une batterie sur votre surplus part de vos courbes. Cette page traite le schéma de vente, son tarif et le calcul entre consommer et injecter.

Comment fonctionne l'autoconsommation avec revente du surplus

Une maison équipée de panneaux raccordés au réseau voit passer trois flux : la production, l'injection et le soutirage. La production alimente d'abord les appareils qui tournent au même moment. Ce qui dépasse repart vers le réseau : c'est l'injection, ou surplus. Ce que les panneaux ne couvrent pas, le soir, la nuit ou par temps gris, arrive du réseau : c'est le soutirage, que vous payez à votre fournisseur.

Deux taux décrivent l'équilibre entre ces flux :

  • le taux d'autoconsommation mesure la part de votre production consommée sur place ;
  • le taux d'autoproduction mesure la part de votre consommation couverte par vos panneaux.

Le premier dit combien de production vous vendez au lieu de l'utiliser. Le second dit quelle part de vos kWh vous n'achetez plus. Quand vous déplacez un lave-linge vers midi, les deux montent en même temps.

Une installation s'exploite en vente du surplus, en vente totale ou en autoconsommation totale, et ces modes ne rémunèrent pas la même chose.

ModeCe que devient le surplusCe qui est rémunéréDémarche propre
Autoconsommation avec vente du surplusInjecté et venduLe kWh injecté, au tarif du contratContrat d'obligation d'achat
Vente totaleToute la production est vendueChaque kWh produitSoutien supprimé depuis le 28 mars 2025 pour les installations jusqu'à 9 kWc (CRE)
Autoconsommation totalePas d'injection rémunéréeRienConvention d'autoconsommation sans injection avec Enedis

Pour une installation résidentielle, la vente du surplus est donc le schéma courant, et c'est celui que traite cette page.

L'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 fixe les conditions d'achat pour les installations sur bâtiment, hangar ou ombrière en métropole continentale, et l'arrêté du 1er juin 2026 l'a modifié. La Commission de régulation de l'énergie publie les tarifs applicables à chaque période de demande de raccordement. Côté marché, la production solaire tombe au milieu de la journée, quand le prix spot EPEX day-ahead est au plus bas. Sur 2023 à 2026, il vaut en moyenne 44 €/MWh à 14h, contre 109 €/MWh à 19h, selon l'API publique de Sobry. L'électricité que vos panneaux injectent arrive donc sur le marché à l'heure où elle vaut le moins.

Deux contrats, deux flux

Le soutirage et l'injection relèvent de contrats distincts, chacun mesuré par son propre comptage sur le compteur Linky. Le contrat de fourniture porte sur l'électricité que vous consommez depuis le réseau, et il vous lie à votre fournisseur. Le contrat d'obligation d'achat porte sur le surplus que vous injectez, et il vous lie à l'acheteur obligé pour vingt ans, comme le rappelle photovoltaique.info.

Changer de fournisseur ne remet donc pas en cause votre contrat de rachat, ni son tarif. C'est un frein fréquent chez les producteurs qui envisagent de changer de fournisseur, et il ne tient pas. L'inverse est vrai aussi : un fournisseur, quel qu'il soit, facture l'électricité que vous soutirez et ne rachète pas votre surplus. Le rachat reste l'affaire du seul contrat d'obligation d'achat.

Quel tarif de rachat pour votre surplus

Le tarif de rachat n'est pas négocié : il est fixé par arrêté. Celui de votre installation est le tarif en vigueur à la date de demande de raccordement, selon service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 1er octobre 2025, consultée le 24 septembre 2026). Il reste ensuite attaché à votre contrat pendant vingt ans.

Deux barèmes récents encadrent les installations raccordées depuis 2025.

BarèmeTarif du kWh injectéSource, date de consultation
Arrêté du 26 mars 2025, installations jusqu'à 9 kWc4 c€/kWhservice-public.gouv.fr, actualité du 8 avril 2025, consultée le 24/09/2026
Arrêté du 1er juin 20261,1 c€/kWh, indexé de 2 % par anLégifrance, Journal officiel du 4 juin 2026, consulté le 24/09/2026

L'arrêté du 1er juin 2026 applique l'indexation de 2 % à chaque date d'anniversaire de la prise d'effet du contrat d'achat. Ce tarif rémunère la quantité injectée, déduction faite de ce que vous consommez sur place.

Un contrat signé plus tôt porte le tarif de son époque, différent de ces deux valeurs. Le seul chiffre qui vaut pour vous est celui écrit sur votre contrat d'obligation d'achat : lisez-le avant tout calcul. Il ne rémunère que l'énergie, alors que le kWh que vous achetez porte aussi l'acheminement, les taxes et la TVA. Cette différence de nature explique l'écart de la section suivante.

Consommer ou injecter : le calcul

Un kWh de surplus est soit injecté, soit consommé sur place. Injecté, il vous rapporte le tarif de votre contrat. Consommé chez vous, il remplace un kWh que vous auriez acheté au réseau, plus tard dans la journée, au prix complet : énergie, acheminement, accise, contributions et TVA.

Le tableau met ces valeurs côte à côte, chacune avec sa source.

Ce que vaut un kWhValeurSource
Injecté, arrêté du 1er juin 20260,011 €Légifrance, JO du 4 juin 2026
Injecté, arrêté du 26 mars 2025 (jusqu'à 9 kWc)0,04 €service-public.gouv.fr, 8 avril 2025
Acheté au tarif réglementé, option Base, 6 kVA0,2001 € TTCbarème du 1er août 2026, délibération CRE
Acheté sur SoFlex à 19h, moyenne 2023 à 20260,239 € TTCAPI publique Sobry, hors abonnement et CTA

Au tarif de 1,1 c€, un kWh injecté à midi rapporte 0,011 €. Le même kWh racheté à 19h coûte en moyenne 0,239 € TTC sur SoFlex, soit plus de vingt fois plus. Au tarif de 4 c€, le rapport avec le tarif réglementé Base reste de cinq fois. Aucun des barèmes publiés depuis 2025 ne rapproche le kWh injecté du kWh acheté.

L'écart grandit aussi du côté du marché. Sur les données horaires de notre API publique, nous avons mesuré le spot moyen à 14h et à 19h pour chaque année. Le prix de la mi-journée baisse d'année en année, celui du soir ne suit pas.

AnnéeSpot moyen à 14h (€/MWh)Spot moyen à 19h (€/MWh)
202376,7130,9
202437,286,9
202531,595,4
2026 (au 23 septembre)25,5127,0

Prix day-ahead EPEX SPOT France, moyennes horaires, données de l'API Sobry. L'année 2026 est partielle.

Ces chiffres sont des prix de marché de gros, pas des prix de facture. Sur le prix client SoFlex TTC, l'écart entre 14h et 19h n'est que de 1,48 fois, parce que l'acheminement et les taxes s'ajoutent à toute heure. Ils montrent en revanche une tendance nette, année après année : midi est l'heure où l'électricité abonde. En pratique, chaque kWh de surplus que vous gardez pour vos appareils vaut plus que le même kWh vendu, et cet écart ne se réduit pas.

Déplacer sa consommation vers les heures de soleil

Relever son taux d'autoconsommation ne demande pas de matériel au départ. Il suffit de faire tourner à midi ce qui tournait le soir. Quatre usages se prêtent au déplacement, parce qu'ils consomment beaucoup et n'exigent pas une heure précise :

  • le ballon d'eau chaude, de l'ordre de 800 à 2 500 kWh par an selon le foyer, qui chauffe aussi bien à 13h qu'à 2h du matin ;
  • le lave-linge, de l'ordre de 75 à 200 kWh par an selon la température de lavage ;
  • le lave-vaisselle, de l'ordre de 90 à 250 kWh par an selon le programme ;
  • la recharge d'une voiture électrique garée à la maison en journée.

Ces fourchettes sont des ordres de grandeur, qui varient selon l'âge et la classe énergétique de l'appareil.

Trois outils font le déplacement à votre place. La programmation différée de l'appareil suffit pour un lave-linge ou un lave-vaisselle. Une prise ou un contacteur piloté commande le ballon d'eau chaude. Un gestionnaire d'énergie lit la production en temps réel et démarre les appareils quand le surplus apparaît.

Commencez par le ballon d'eau chaude : avec 800 à 2 500 kWh par an, c'est le plus gros consommateur de la liste. Il stocke en plus l'énergie sous forme d'eau chaude pour le soir. Viennent ensuite les appareils à programme, puis la recharge du véhicule.

Certains usages ne se déplacent pas. L'éclairage, la cuisson du soir, le chauffage d'une soirée d'hiver restent dans le soutirage. Pour les couvrir avec votre surplus, il faut le stocker. Une batterie physique garde les kWh de midi pour le soir. Un stockage comptable, comme la batterie virtuelle, compte le surplus injecté et le déduit plus tard de votre facture, avec ses propres frais et ses propres clauses.

Ce que le soleil ne couvre pas : soirée, nuit, hiver

Même avec des usages bien placés, une part de votre consommation continue de venir du réseau. Elle pèse surtout en hiver, quand la production baisse et que la consommation monte. C'est sur cette part, et sur elle seule, que votre contrat de fourniture joue.

Sur un prix unique, l'heure à laquelle vous achetez ne change rien. Sur un prix horaire indexé au spot, elle compte. Les 24 prix du lendemain sont connus vers 13h, après la clôture de l'enchère EPEX SPOT day-ahead à midi. Le creux moyen tombe au milieu de la journée, la pointe vers 19h.

Pour un foyer solaire, ce calendrier travaille avec la production. Un appareil déplacé vers midi consomme votre surplus les jours de soleil. Les jours gris, il consomme de l'électricité achetée à l'heure qui est, en moyenne, la moins chère de la journée. Le même réglage travaille donc par tous les temps.

Chez Sobry, le prix client suit le marché heure par heure. Aucun plancher ne limite les prix négatifs : quand le prix de marché passe sous zéro, vous en bénéficiez intégralement. Un plafond minimal existe sur SoFlex, unique sur toute l'année, appliqué au prix moyen du mois, et sa valeur figure dans la grille tarifaire. Le prix du jour se consulte sur le prix spot en temps réel, et des alertes WhatsApp signalent les baisses.

Pour automatiser, l'API publique de Sobry renvoie le prix horaire à une box domotique comme Home Assistant. Avec un stockage, une batterie peut aussi se remplir sur le réseau aux heures basses quand le soleil manque. La méthode pour piloter une batterie sur le prix spot le détaille, y compris l'intégration native avec Zendure, partenaire commercial de Sobry. Une simulation sur votre consommation dit ce que ce contrat change pour la part que vos panneaux ne couvrent pas.

Rien de tout cela ne touche au surplus. Votre contrat d'obligation d'achat continue de rémunérer l'injection au tarif signé, pendant que votre fournisseur facture le soutirage.

Les démarches pour vendre son surplus

La vente du surplus suit un ordre fixé par l'administration. Les étapes décrites par service-public.gouv.fr sont les suivantes.

1. Déposez une déclaration préalable de travaux en mairie avant la pose. 2. Adressez une demande de raccordement au gestionnaire de réseau, Enedis. Il vous envoie une proposition de raccordement et un numéro de contrat d'accès. 3. Signez le contrat d'obligation d'achat, conclu pour vingt ans. La date de votre demande de raccordement fixe le tarif.

La prime à l'autoconsommation, versée en complément du tarif sous les barèmes antérieurs, exigeait une pose par un installateur RGE. L'arrêté du 1er juin 2026 abroge l'article qui la fixait : pour une installation qui relève de ce texte, seul reste le tarif d'achat du surplus. Pour une demande antérieure, c'est le barème en vigueur à sa date qui s'applique.

FAQ : autoconsommation avec revente du surplus, les questions qui reviennent

Combien rapporte la revente du surplus solaire ?

Elle rapporte le tarif de votre contrat multiplié par les kWh injectés. Sous l'arrêté du 1er juin 2026, le tarif est de 1,1 c€/kWh, indexé de 2 % par an. Sous l'arrêté du 26 mars 2025, il était de 4 c€/kWh jusqu'à 9 kWc. Le montant annuel dépend de votre production et de votre consommation en journée.

Faut-il résilier son contrat de rachat pour changer de fournisseur d'électricité ?

Non, le contrat de rachat se garde. Le contrat d'obligation d'achat porte sur l'injection, le contrat de fourniture sur le soutirage. Ce sont deux contrats distincts, et changer de fournisseur ne touche ni au contrat de rachat ni à son tarif.

Vaut-il mieux vendre son surplus ou le consommer ?

Le consommer, dès qu'un usage peut se déplacer. Un kWh consommé évite un achat au prix complet, autour de 0,20 € TTC au tarif réglementé Base. Un kWh injecté rapporte 0,011 € ou 0,04 € selon le barème. La vente reste utile pour le surplus qu'aucun usage n'absorbe.

La vente du surplus est-elle imposable ?

Les revenus sont exonérés d'impôt si trois conditions sont réunies, selon service-public.gouv.fr. La puissance ne dépasse pas 3 kWc. L'installation est raccordée au réseau public en 2 points au plus. L'électricité ne sert pas à une activité professionnelle. Si l'une d'elles manque, l'exonération ne s'applique pas.

Est-il possible d'autoconsommer sans revendre son surplus ?

Oui, c'est l'autoconsommation totale. Elle demande de signer avec Enedis une convention d'autoconsommation sans injection, qui sécurise l'installation contre toute injection accidentelle. Le surplus n'est alors pas rémunéré.

Avant de toucher à votre installation : votre contrat et vos courbes

Sortez votre contrat d'obligation d'achat et notez le tarif qui y figure. Relevez ensuite votre courbe de production sur l'application de l'onduleur, et votre courbe de consommation sur votre espace client Linky. Placez le ballon d'eau chaude et les appareils à programme sur les heures de production. Il reste alors la part que le soleil ne couvre pas, et c'est elle que votre contrat de fourniture doit servir.

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Questions fréquentes

Est-il possible d'autoconsommer sans revendre son surplus ?

Oui, c'est l'autoconsommation totale. Elle demande de signer avec Enedis une convention d'autoconsommation sans injection, qui sécurise l'installation contre toute injection accidentelle. Le surplus n'est alors pas rémunéré.

La vente du surplus est-elle imposable ?

Les revenus sont exonérés d'impôt si trois conditions sont réunies, selon service-public.gouv.fr. La puissance ne dépasse pas 3 kWc. L'installation est raccordée au réseau public en 2 points au plus. L'électricité ne sert pas à une activité professionnelle. Si l'une d'elles manque, l'exonération ne s'applique pas.

Vaut-il mieux vendre son surplus ou le consommer ?

Le consommer, dès qu'un usage peut se déplacer. Un kWh consommé évite un achat au prix complet, autour de 0,20 € TTC au tarif réglementé Base. Un kWh injecté rapporte 0,011 € ou 0,04 € selon le barème. La vente reste utile pour le surplus qu'aucun usage n'absorbe.

Faut-il résilier son contrat de rachat pour changer de fournisseur d'électricité ?

Non, le contrat de rachat se garde. Le contrat d'obligation d'achat porte sur l'injection, le contrat de fourniture sur le soutirage. Ce sont deux contrats distincts, et changer de fournisseur ne touche ni au contrat de rachat ni à son tarif.

Combien rapporte la revente du surplus solaire ?

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Écrit par
Jérémy Assayag
Entrepreneur et Executive MBA INSEAD, Jérémy accompagne les entreprises dans la transition énergétique et la décarbonisation. Fort de plus de dix ans d’expérience en achats d’énergie et finance d’entreprise, il met son expertise au service de grandes organisations.

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