Une borne de recharge monophasée délivre jusqu'à 7,4 kW, une borne triphasée 11 ou 22 kW. Le triphasé n'apporte un gain que si deux conditions sont réunies : un logement raccordé en triphasé et une voiture dont le chargeur embarqué accepte cette puissance. Pour la recharge quotidienne à domicile, une borne de 7,4 kW suffit dans la plupart des cas. Le montant payé pour chaque recharge dépend surtout de l'heure à laquelle la voiture se recharge.
Le choix entre monophasé et triphasé se pose au moment d'équiper une maison ou un garage. Il engage le tableau électrique, le compteur Linky et la puissance souscrite en kVA. Il dépend aussi du chargeur embarqué de la voiture, dont la puissance maximale varie d'un modèle à l'autre. Une borne de plus de 3,7 kW est posée par un installateur qualifié IRVE, comme l'exige le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017. Le nombre de phases n'est donc qu'un des critères pour choisir sa borne de recharge, à côté du pilotage et de la protection électrique.
Monophasé et triphasé, ce qui change pour la recharge
Une installation monophasée amène le courant par une seule phase, sous 230 V. Une installation triphasée en amène trois, avec 230 V entre chaque phase et le neutre, et 400 V entre deux phases. La puissance se calcule en multipliant la tension par l'intensité : 230 V sous 32 A donnent environ 7,4 kW, le maximum en monophasé. En triphasé, le même calcul vaut pour chacune des trois phases, d'où 11 kW sous 16 A par phase et 22 kW sous 32 A par phase.
| Solution | Raccordement | Intensité | Puissance | Durée pour 20 kWh | Durée pour 50 kWh |
|---|---|---|---|---|---|
| Prise domestique | Monophasé | 10 A | 2,3 kW | 8 h 42 | 21 h 44 |
| Prise renforcée | Monophasé | 16 A | 3,7 kW | 5 h 24 | 13 h 31 |
| Borne monophasée | Monophasé | 32 A | 7,4 kW | 2 h 42 | 6 h 45 |
| Borne triphasée 11 kW | Triphasé | 16 A par phase | 11 kW | 1 h 49 | 4 h 33 |
| Borne triphasée 22 kW | Triphasé | 32 A par phase | 22 kW | 55 min | 2 h 16 |
Ces durées sont théoriques : elles divisent l'énergie à recharger par la puissance, hors pertes de conversion et hors ralentissement en fin de charge. Sur une recharge quotidienne de 20 kWh, l'écart entre 7,4 et 11 kW se limite à 53 minutes. Sur une batterie de 50 kWh rechargée entièrement, il atteint 2 h 12.
La voiture charge à la puissance du maillon le plus faible
Trois puissances se succèdent entre le réseau et la batterie, et la plus faible des trois s'impose aux deux autres.
Le chargeur embarqué fixe le plafond du véhicule
Le chargeur embarqué est le composant de la voiture qui transforme le courant alternatif de la borne en courant continu pour la batterie. Sa puissance maximale figure sur la fiche technique du véhicule, sous la mention de puissance de charge en courant alternatif. Une voiture limitée à 11 kW charge à 11 kW sur une borne de 22 kW. Une voiture équipée d'un chargeur embarqué monophasé charge au mieux à 7,4 kW, même branchée sur une borne triphasée. Avant d'acheter une borne de 11 ou 22 kW, cette valeur est donc la première à vérifier.
Le raccordement du logement fixe le plafond de la maison
Une borne triphasée exige un raccordement triphasé. Deux indices permettent de vérifier le vôtre :
- Le disjoncteur de branchement, situé près du compteur, est bipolaire en monophasé et tétrapolaire en triphasé, avec trois phases et un neutre.
- Le contrat d'électricité précise le type de raccordement du logement.
Pour une borne de 7,4 kW sur une installation monophasée, le schéma électrique d'une borne en monophasé détaille le circuit dédié et sa protection.
Faut-il passer au triphasé pour recharger sa voiture ?
Le passage au triphasé se justifie dans trois situations :
- Votre voiture accepte 11 kW ou plus en courant alternatif, et vos trajets quotidiens dépassent ce qu'une borne de 7,4 kW recharge pendant le temps où la voiture reste branchée.
- Le logement compte déjà des appareils triphasés, et l'installation électrique doit de toute façon évoluer.
- Deux voitures se rechargent au même endroit, et la puissance disponible devient la contrainte principale.
Le passage au triphasé ne se justifie pas quand le chargeur embarqué de la voiture est monophasé. Il ne se justifie pas non plus quand la recharge quotidienne tient en deux ou trois heures à 7,4 kW.
La démarche passe par une demande de modification du raccordement auprès du gestionnaire du réseau de distribution. Elle entraîne des travaux sur le branchement et sur le tableau électrique. Le coût et le délai dépendent de chaque installation, et seul un devis les fixe. La borne est ensuite posée par un installateur qualifié IRVE, qui dimensionne aussi la section du câble et la protection selon la puissance et la longueur du circuit.
Le triphasé fait-il consommer plus ?
Le triphasé ne fait pas consommer plus d'énergie : recharger 20 kWh consomme 20 kWh, que le courant arrive par une phase ou par trois. Ce qui peut changer, c'est la puissance souscrite, exprimée en kVA, et donc l'abonnement. En triphasé, cette puissance se répartit sur les trois phases, si bien qu'un abonnement de 12 kVA laisse environ 4 kVA par phase. Une borne monophasée de 7,4 kW branchée sur une installation triphasée tire alors toute sa puissance sur une seule phase, et l'installateur doit le vérifier avant la pose.
Chez Sobry, l'abonnement suit la formule 4 x racine(kVA - 2) euros par mois HTVA, à laquelle s'ajoute la part fixe d'acheminement. Cette formule donne 10,58 € par mois HTVA pour 9 kVA et 12,65 € par mois HTVA pour 12 kVA, avant la part fixe d'acheminement. Une borne dotée d'un délestage module sa puissance de charge selon la consommation du logement, ce qui peut éviter de monter d'un palier de puissance souscrite.
Le vrai levier de coût : l'heure de recharge, pas le nombre de phases
Une borne plus puissante recharge plus vite, mais elle ne rend pas le kilowattheure moins cher. Sur l'offre SoFlex, le prix suit le marché de gros heure par heure. D'après l'API publique de Sobry, en moyenne du 1er janvier 2023 au 23 septembre 2026, le kWh client SoFlex revient à 0,162 € TTC à 14h contre 0,239 € TTC à 19h, hors abonnement et CTA. Les mêmes 20 kWh coûtent donc 3,24 € en début d'après-midi et 4,78 € en début de soirée, avec une borne de 7,4 kW comme avec une borne de 22 kW.
À 7,4 kW, une recharge de 20 kWh dure 2 h 42 et tient dans la fenêtre de prix bas qui entoure 14h. Le triphasé raccourcit cette recharge d'un peu moins d'une heure, mais il ne change pas le prix du kilowattheure. Les prix du lendemain sont connus vers 13h, après la clôture de l'enchère EPEX SPOT à 12h. La bonne méthode est une borne qui lit ces prix et se cale seule sur les heures les moins chères, plutôt qu'un horaire fixe programmé dans la voiture.
Aujourd'hui, la seule borne intégrée à Sobry est l'Ohme ePod S. Depuis l'application Ohme, vous connectez les prix Sobry, et la borne déclenche la charge sur les heures les moins chères. Ohme est un partenaire commercial de Sobry, sans exclusivité. Les autres bornes fonctionnent aussi avec un contrat Sobry, avec un réglage manuel des heures de recharge à partir du prix spot heure par heure. Un plafond minimal existe sur SoFlex, unique sur toute l'année : il s'applique au prix moyen mensuel de la fourniture, et sa valeur figure dans la grille tarifaire. Sobry présente les bornes de recharge compatibles avec son offre et leur mode de pilotage.
Monophasé ou triphasé : le bon ordre de décision
Vérifiez d'abord la puissance de charge en courant alternatif de votre voiture, puis le raccordement de votre logement, et ne passez au triphasé que si les deux le justifient. Regardez ensuite l'heure de recharge, qui pèse sur chaque kilowattheure. Pour chiffrer ce que votre recharge coûterait au prix horaire, simulez gratuitement votre offre Sobry, sans carte bancaire.


