Quelle borne de recharge choisir : cinq critères, dans l'ordre, et un seul qui agit sur la facture

Par
Jérémy Assayag
le
24 Sep 2026

11 min

Connecteur de recharge pour véhicule électrique posé au sol, éclairé par une ligne orange

Pas le temps de tout lire ? Je vous fais un récap

  • Cinq critères décident : la puissance utile, le pilotage, la protection différentielle, la gestion dynamique de puissance et l'installateur.
  • Le pilotage est le seul critère qui agit sur la facture ; les quatre autres se règlent une fois, à l'achat et le jour de la pose.
  • 7,4 kW en monophasé couvre la majorité des maisons : une borne de 22 kW n'y délivre pas davantage.
  • Une borne qui intègre la détection des courants continus à 6 mA se protège avec un différentiel de type A ; sans elle, il faut un type B, plus coûteux.
  • Sur un contrat à prix fixe, le pilotage change l'heure de la charge, pas son prix ; sur un contrat indexé, il change les deux.

Une borne de recharge se choisit sur cinq critères : la puissance réellement délivrée chez vous, le pilotage, la protection électrique, la gestion de la puissance du logement et l'installateur. La puissance, la protection, la gestion de puissance et l'installateur se règlent une fois, à l'achat et le jour de la pose. Le pilotage joue tous les jours, pendant toute la vie de la borne, parce qu'il décide de l'heure à laquelle vous achetez vos kilowattheures.

Cette page suppose la décision prise : vous installez une borne, et vous cherchez laquelle. Ce guide ne classe pas de marques : il pose les cinq questions qui s'appliquent à n'importe quel modèle, dans l'ordre où elles éliminent le plus de références.

Les cinq critères, et ce que chacun tranche

Un critère se reconnaît à ce qu'il change la décision ou la facture. Une borne affiche une vingtaine de caractéristiques sur sa fiche, et cinq passent ce test. Si vous hésitez encore entre une prise renforcée et une borne, le guide complet de la borne de recharge tranche cette question en amont.

CritèreCe qu'il décideOù on le lit
Puissance utileLa vitesse de charge réelle, et les modèles à écarter d'embléeCompteur du logement, fiche technique de la voiture
PilotageL'heure de la charge, donc le prix du kilowattheure sur un contrat indexéFiche de la borne, application du fabricant
Protection différentielleUne ligne du devis, type A ou type BFiche de la borne, mention de la détection 6 mA
Gestion dynamique de puissanceSi vous devez monter votre abonnementFiche de la borne, capteur fourni ou non
InstallateurGarantie, conformité et aidesQualification IRVE sur le devis

La puissance vient en premier parmi les critères parce qu'elle élimine le plus de références. Le pilotage vient en deuxième parce qu'il est le seul à agir sur ce que coûte chaque recharge. La protection et la gestion de puissance décident du devis. L'installateur conditionne ce que vous toucherez en aides.

Critère 1 : la puissance utile, le plus petit de trois plafonds

La puissance qu'une borne délivre n'est pas celle inscrite sur sa boîte. La puissance délivrée est la plus faible de trois plafonds : celle de la borne, du raccordement du logement et du chargeur embarqué de la voiture en courant alternatif. La règle des trois plafonds explique pourquoi 7,4 kW en monophasé est le choix de la majorité des maisons, comme le disent tous les guides.

PuissanceRaccordementIntensitéAutonomie récupérée par heure
3,7 kWmonophasé16 Aenviron 23 km
7,4 kWmonophasé32 Aenviron 46 km
11 kWtriphasé16 A par phaseenviron 69 km
22 kWtriphasé32 A par phaseenviron 137 km

L'autonomie récupérée par heure est un calcul, pas un relevé : il pose une voiture qui consomme 16 kWh aux 100 km, hypothèse retenue pour l'exemple. 7,4 kWh livrés en une heure, divisés par 0,16 kWh par kilomètre, donnent 46 km. Votre consommation réelle déplace ces valeurs.

Prenez une voiture dont le chargeur embarqué accepte 11 kW. Branchée sur une borne de 22 kW dans une maison raccordée en monophasé, elle charge à 7,4 kW. Le surcoût de la borne triphasée n'a rien acheté. Le raccordement se lit sur votre compteur ou sur votre facture. La puissance acceptée par la voiture se lit sur sa fiche technique, à la ligne « recharge en courant alternatif », jamais sur la fiche de la borne. Un hybride rechargeable pousse la règle au bout : son chargeur embarqué accepte peu de puissance, et une prise renforcée le remplit en une nuit. La fiche de l'hybride dit s'il justifie une borne.

Les vendeurs parlent de borne « normale » et de borne « accélérée », toutes deux en courant alternatif. À domicile, tout se joue entre la borne normale et la borne accélérée. La borne « rapide » en courant continu relève de la voirie et de l'autoroute.

La règle de décision sur la puissance de la borne tient en trois lignes :

  • logement monophasé : 7,4 kW ;
  • logement déjà en triphasé et voiture qui accepte 11 kW : 11 kW ;
  • 22 kW uniquement pour les rares véhicules qui les acceptent en courant alternatif.

11 ou 22 kW, ce que l'écart achète réellement

Une borne de 22 kW coûte plus cher qu'une borne de 11 kW, mais le gain de vitesse n'existe que si votre véhicule accepte 22 kW en courant alternatif. Dans le cas contraire, les bornes de 11 et 22 kW chargent à la même vitesse, celle du chargeur embarqué. Le calcul du temps de charge selon la puissance et la batterie a sa propre page.

Critère 2 : le pilotage, le seul critère qui agit sur la facture

Une borne pilotable choisit l'heure à laquelle elle démarre, et l'intensité qu'elle délivre si elle gère la puissance. Le pilotage d'une borne se décline en trois niveaux :

  • La programmation horaire simple : la charge démarre à une heure fixe que vous réglez.
  • La programmation sur un signal : les heures creuses de votre contrat d'acheminement, le calendrier fournisseur reçu par le contact sec du compteur, ou des prix publiés que vous reportez dans l'application du fabricant.
  • L'intégration native au fournisseur : la borne lit les prix et se cale seule sur les heures les moins chères.

Un quatrième signal existe pour les logements équipés de panneaux : le surplus de production, traité sur la page consacrée à la recharge solaire.

Sur l'export EPEX SPOT de 2023 à 2026 compilé par Sobry, nous avons mesuré un prix spot moyen de 45 €/MWh à 14h et de 104 €/MWh à 19h. Une borne qui démarre seule à 14h plutôt qu'à 19h ne fait rien d'autre que choisir entre ces deux valeurs, tous les jours. Ce que la recharge intelligente change réellement sur une facture se mesure sur ces écarts horaires, pas sur la puissance de la borne.

La borne Ohme ePod S est aujourd'hui la seule borne intégrée à Sobry. Depuis l'application Ohme, vous connectez les prix Sobry et la borne se cale seule sur les heures les moins chères. Ohme est un partenaire commercial de Sobry, sans exclusivité contractuelle. Les autres bornes fonctionnent avec un contrat Sobry, avec un réglage manuel des heures.

Le pilotage n'agit sur la facture qu'avec le bon contrat. Sur un contrat à prix fixe, le pilotage change l'heure de la charge, pas son prix. Sur un contrat indexé sur le marché, le pilotage change à la fois l'heure et le prix de la charge. Le pilotage ne crée pas d'économie : il récupère celle que le contrat rend disponible. Avant de payer une borne pour sa capacité de pilotage, vérifiez donc quelle offre d'électricité pour une voiture électrique lui donnera quelque chose à piloter. Une simulation à partir de votre puissance souscrite et de votre kilométrage donne l'ordre de grandeur en quelques minutes.

Critère 3 : la protection différentielle, la ligne de devis que la fiche produit décide

Une borne se raccorde sur un circuit dédié, protégé par un disjoncteur et par un différentiel de 30 mA, comme la norme NF C 15-100 l'impose. Le type de différentiel fait varier le devis. Un véhicule en charge peut renvoyer vers l'installation des courants de défaut continus, qu'un différentiel de type A ne détecte pas.

La fiche de la borne décide du type de différentiel. Si la borne intègre une détection à 6 mA des courants continus, un différentiel de type A suffit. Si elle ne l'intègre pas, il faut un différentiel de type B, nettement plus coûteux. Cherchez sur la fiche technique la mention « détection DC 6 mA » ou une formulation équivalente. La détection 6 mA se vérifie avant l'achat, car sur le devis, la ligne du différentiel est déjà écrite.

Critère 4 : la gestion dynamique de puissance, l'alternative à la montée d'abonnement

La question « quel abonnement pour une borne » se pose en ampères. Une borne de 7,4 kW appelle 32 A. Un abonnement de 6 kVA en monophasé est calibré à 30 A, un 9 kVA à 45 A, un 12 kVA à 60 A. La borne seule dépasse donc un 6 kVA. Sur un 9 kVA, la borne fait disjoncter dès qu'un chauffe-eau ou des plaques de cuisson démarrent pendant la charge.

Deux réponses existent face à la disjonction : monter la puissance souscrite, ou choisir une borne qui gère la puissance. Monter la puissance souscrite règle la coupure et alourdit l'abonnement chaque mois, pendant toute la vie de la borne. Une borne à gestion dynamique de puissance lit la consommation du logement sur un capteur posé à l'arrivée générale. Certaines bornes lisent la même information sur la téléinformation client du compteur Linky, sans capteur supplémentaire. Quand un autre usage démarre, la borne baisse son intensité, puis la remonte quand l'usage s'arrête. Avec la gestion dynamique, la charge dure un peu plus longtemps et l'abonnement ne bouge pas.

Dans la plupart des cas résidentiels, la gestion dynamique évite la montée de puissance, à condition que la borne propose la gestion dynamique en série, capteur compris. Quant au contrat, il se choisit sur la puissance souscrite et sur le prix du kilowattheure, jamais sur le nom du fournisseur.

Critère 5 : l'installateur, qui conditionne aides et garantie

Au-delà de 3,7 kW, la pose par un installateur qualifié IRVE est obligatoire. Cette qualification conditionne la garantie du fabricant, l'attestation de conformité de l'installation, et les aides. Un point de charge de 3,7 kW ou moins peut être posé par un particulier. Une borne de 7,4 kW posée soi-même perd la garantie, l'attestation de conformité et les aides.

Pour situer le budget, une page classée sur cette requête au 24/09/2026 annonce de 800 à 2 300 € pour la fourniture et la pose. Les aides en 2026 dépendent du logement. En maison, c'est la TVA à 5,5 % sur la fourniture et la pose par un installateur qualifié, dans un logement de plus de deux ans. En copropriété, le projet passe d'abord par le syndic, au titre du droit à la prise. En copropriété s'ajoute la prime ADVENIR, 50 % de la dépense dans la limite de 1 000 € hors TVA par point de recharge. Le crédit d'impôt pour système de charge, 75 % de la dépense dans la limite de 500 €, couvrait les dépenses payées jusqu'au 31/12/2025. Ce crédit d'impôt n'a pas été reconduit, et une page qui le promet encore est périmée. Le déroulé d'une installation par un professionnel qualifié, de la visite technique à l'attestation, fait l'objet d'une page à part.

Ce qui n'est pas un critère

Écran, couleur, longueur du câble, connectivité et design sont des attributs, pas des critères. Aucun de ces attributs ne change ce que la borne délivre ni ce qu'elle coûte à l'usage. Le choix entre câble attaché et socle Type 2 relève de la commodité, le socle acceptant tous les véhicules du marché européen. La borne posée dehors fait exception, car elle doit résister à l'eau et à la poussière. L'indice de protection d'une borne extérieure devient alors un critère, IP54 au minimum, avec une résistance aux chocs IK08 d'après une page classée sur cette requête.

La marque n'est pas un critère non plus. Quelle est la borne la plus fiable, laquelle offre le meilleur rapport qualité-prix : sans fiche technique sourcée pour chaque modèle, aucun classement n'est honnête. Une borne fiable passe les cinq critères : puissance utile, pilotage, protection différentielle, gestion dynamique de puissance et installateur. Le rapport qualité-prix se juge sur deux lignes de la fiche, la détection 6 mA et la gestion dynamique en série, qui évitent chacune une dépense après l'achat.

La liste à cocher avant d'acheter

La liste à cocher avant d'acheter une borne compte cinq lignes, une par critère :

  • le raccordement du logement et la puissance que la voiture accepte en courant alternatif, lus sur le compteur et sur la fiche du véhicule ;
  • le mode de pilotage, et le contrat qui lui donnera un prix à suivre ;
  • la mention de la détection 6 mA sur la fiche de la borne ;
  • la gestion dynamique de puissance en série, capteur compris ;
  • la qualification IRVE sur le devis.

Une fois ces cinq lignes cochées, reste la question que le devis ne traite pas : à quel prix votre borne livrera ses kilowattheures pendant les dix prochaines années. Ce prix dépend du contrat, pas du matériel. Pour y répondre avec vos propres chiffres, simulez votre offre Sobry à partir de votre puissance souscrite et de votre kilométrage, gratuitement et sans carte bancaire.

Questions fréquentes

Quel abonnement électrique pour une borne de recharge ?

Le bon abonnement est celui dont la puissance souscrite couvre la borne et les autres usages simultanés. Si la borne gère la puissance dynamiquement, l'abonnement peut rester inchangé. Le second choix porte sur le contrat : à prix fixe, l'heure de charge ne change rien au prix. Sur un contrat indexé sur le marché, l'heure de charge change tout.

Une borne 22 kW charge-t-elle plus vite ?

Une borne de 22 kW ne charge plus vite que si votre logement est raccordé en triphasé et si votre voiture accepte 22 kW en courant alternatif. Ces deux conditions sont rares en résidentiel. Dans les autres cas, une borne de 22 kW charge à la vitesse du plus petit des trois plafonds, et une borne de 7,4 kW fait exactement le même travail.

Quelle est la meilleure borne de recharge pour un particulier ?

La meilleure borne pour un particulier n'existe pas dans l'absolu. Ce qui compte, c'est la puissance que votre logement et votre véhicule acceptent, et la capacité de la borne à être pilotée sur le prix de l'électricité. Un modèle qui réunit cette puissance et ce pilotage, avec la détection 6 mA et la gestion dynamique, est un bon modèle pour vous.

Quelles sont les bornes de recharge les plus fiables ?

Les bornes les plus fiables sont celles qui passent les cinq critères, quel que soit leur nom. Une borne fiable délivre la puissance que votre raccordement et votre voiture acceptent, et se pilote sur un signal de prix. Elle intègre la détection des courants continus à 6 mA, gère la puissance du logement en série, et se pose par un installateur qualifié.

Quelle puissance de borne pour une maison ?

Pour la grande majorité des maisons, la bonne puissance de borne est 7,4 kW en monophasé. Le passage à 11 kW ne se justifie que si le logement est déjà raccordé en triphasé et si la voiture accepte 11 kW en courant alternatif. Dans tous les autres cas, la puissance supplémentaire est payée et jamais délivrée.

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Écrit par
Jérémy Assayag
Entrepreneur et Executive MBA INSEAD, Jérémy accompagne les entreprises dans la transition énergétique et la décarbonisation. Fort de plus de dix ans d’expérience en achats d’énergie et finance d’entreprise, il met son expertise au service de grandes organisations.

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