Une borne de recharge installée à domicile doit respecter la norme NF C 15-100, et plus précisément sa partie 7-722 consacrée à la recharge des véhicules électriques. Le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 rend cette norme obligatoire pour le point de recharge, avec deux exigences : un circuit dédié et un différentiel 30 mA. Tout point de recharge est posé par un professionnel habilité, et au-delà de 3,7 kW ce professionnel doit en plus détenir la qualification IRVE, selon l'article D. 353-2 du code de l'énergie en vigueur depuis le 1er juillet 2024. Une borne murale de 7,4 kW entre donc dans l'obligation de qualification, alors qu'une prise renforcée de 3,7 kW en maison individuelle en sort.
La NF C 15-100 encadre tout ce qui se trouve en amont de la borne : le tableau, le câble et les protections. Le guide complet de la norme NF C 15-100 détaille ses règles pour tout le logement, pièce par pièce. Les sections suivantes se limitent au circuit de recharge d'une voiture électrique et aux textes qui l'encadrent.
Trois textes encadrent une borne de recharge à domicile
Le mot « norme » recouvre en réalité trois textes de nature différente. Une norme est un document technique publié par l'AFNOR, qui décrit les règles de l'art. Un décret ou un article de code est un texte réglementaire, qui rend une règle obligatoire et en fixe le champ.
| Texte | Nature | Ce qu'il exige pour une borne à domicile |
|---|---|---|
| NF C 15-100, partie 7-722 | Norme d'installation électrique (AFNOR) | Un circuit dédié par point de recharge, un différentiel 30 mA de type A au minimum, de type B si la borne ne détecte pas les fuites en courant continu de 6 mA |
| Décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 | Texte réglementaire | Article 3 : le socle de prise ou le connecteur satisfait aux exigences de sécurité de la NF C 15-100. Article 23 : un circuit spécialisé et un différentiel au plus égal à 30 mA par point de recharge. Article 24-1 : des indices IP et IK adaptés à l'environnement |
| Article D. 353-2 du code de l'énergie | Texte réglementaire, créé par le décret n° 2024-649 du 30 juin 2024 | Installation et maintenance par un professionnel habilité, titulaire en plus d'une qualification IRVE sauf pour une infrastructure de 3,7 kW au plus dans une habitation privée ou sa dépendance |
Le décret n° 2017-26 se consulte sur Légifrance, dans sa version en vigueur. La NF C 15-100 n'est obligatoire pour une borne que parce que l'article 3 du décret n° 2017-26 y renvoie expressément. La norme décrit comment installer, et le décret rend cette installation obligatoire.
Ce que la NF C 15-100 impose au circuit de recharge
La partie 7-722 de la NF C 15-100 pose deux exigences sur le circuit qui alimente la borne : un circuit dédié et un dispositif différentiel. Le circuit dédié et le différentiel visent le même risque, un défaut d'isolement qui rendrait la carrosserie ou la borne conductrice pendant la recharge.
Un circuit dédié par point de recharge
Un circuit dédié part directement du tableau électrique et n'alimente que la borne. Le repiquage sur un circuit existant, celui du garage ou d'une prise extérieure, est exclu. Une borne ajoutée plus tard dans la même maison demande elle aussi son propre circuit dédié depuis le tableau électrique. Le schéma électrique d'une borne monophasée montre le trajet du câble depuis le tableau jusqu'au point de recharge.
Un différentiel 30 mA, de type A ou de type B
Le dispositif différentiel mesure l'écart entre le courant qui entre dans le circuit et celui qui en sort. Le différentiel coupe le circuit dès qu'une fuite dépasse 30 mA. Le type A détecte les fuites en courant alternatif et en courant continu pulsé. Le type B détecte en plus les fuites en courant continu lisse, que certains chargeurs de véhicule peuvent produire.
Le choix entre un différentiel de type A et un différentiel de type B dépend de la borne elle-même. Une borne qui intègre une détection de 6 mA en courant continu surveille elle-même les fuites en courant continu lisse. Un différentiel de type A au tableau suffit pour une borne dotée de cette détection. Une borne sans cette détection impose un différentiel de type B, plus coûteux.
Selon sa fiche technique datée de juillet 2025, la borne Ohme ePod S intègre une détection de courant résiduel de type A 30 mA et 6 mA en courant continu. La même fiche technique de l'Ohme ePod S déclare la borne conforme à la NF C 15-100. La fiche précise aussi que la protection contre les surintensités n'est pas incluse dans l'Ohme ePod S et s'installe séparément au tableau. Ohme est un partenaire commercial de Sobry, sans exclusivité.
Le calibre de la protection contre les surintensités et la section du câble dépendent de la puissance de la borne. Le calibre du disjoncteur pour une borne de 7 kW se calcule à partir de l'intensité appelée, avec la section de câble qui lui correspond.
Qui a le droit d'installer une borne de recharge
La règle de qualification a changé de texte le 1er juillet 2024. L'article 22 du décret n° 2017-26 a été abrogé par le décret n° 2024-649 du 30 juin 2024, qui a inscrit la règle dans l'article D. 353-2 du code de l'énergie. Le texte du décret est résumé sur la fiche réglementaire AIDA de l'INERIS. Une page qui cite encore l'article 22 du décret de 2017 comme texte en vigueur s'appuie sur une version dépassée.
Le décret n° 2024-649 fixe quatre règles dans l'article D. 353-2 du code de l'énergie :
- Tout point de recharge est installé par un professionnel habilité, au sens de l'article R. 4544-9 du code du travail.
- Au-delà de 3,7 kW, ce professionnel est aussi titulaire d'une qualification IRVE, délivrée par un organisme de qualification agréé.
- La maintenance d'une infrastructure de recharge suit la même règle que son installation.
- Une étude de conception électrique est obligatoire pour un parking d'au moins 50 places et, en habitat collectif, pour un projet d'au moins quatre points de charge.
Le décret n° 2024-649 exclut de l'obligation de qualification les infrastructures d'une puissance totale inférieure ou égale à 3,7 kW installées dans un bâtiment d'habitation privé ou dans sa dépendance, comme un garage. Une borne de 7,4 kW en maison individuelle relève donc d'un installateur qualifié IRVE, sans exception. Une maison individuelle équipée d'un seul point de recharge n'entre dans aucun des deux cas d'étude de conception électrique obligatoire. Les étapes de l'installation d'une borne à domicile décrivent le déroulé du chantier, du devis à la mise en service.
Prise renforcée ou borne murale : les mêmes règles ?
Les exigences de l'article 23 du décret n° 2017-26 visent tout point de recharge, quelle que soit sa puissance. Une prise renforcée et une borne murale demandent donc toutes les deux un circuit spécialisé et un différentiel de 30 mA dédié.
La différence entre une prise renforcée et une borne murale porte sur l'installateur. Une prise renforcée de 3,7 kW au plus, dans une maison ou son garage, reste sous le seuil de l'article D. 353-2 : un professionnel habilité la pose, sans qualification IRVE exigée. Une borne murale de 7,4 kW dépasse le seuil de 3,7 kW. Recharger sur une simple prise 16 A n'échappe pas non plus au circuit dédié, puisque la règle s'applique au point de recharge et non au type de prise. Pour arbitrer entre les deux équipements selon votre kilométrage, le guide pour choisir sa borne de recharge compare puissance, durée de charge et pilotage.
L'emplacement de la borne, à l'intérieur ou à l'extérieur, dépend de ses indices IP et IK. L'article 24-1 du décret n° 2017-26 exige des indices de protection contre la poussière, l'eau et les chocs adaptés à l'environnement de la borne. Une borne posée dehors ou dans un parking ouvert demande donc un indice plus élevé qu'une borne posée dans un garage fermé.
Batterie domestique : une autre norme, XP C 15-712-3
Une batterie domestique associée à des panneaux photovoltaïques ne relève pas de la NF C 15-100 seule. Le texte de référence pour le stockage est le XP C 15-712-3, publié par l'AFNOR avec un statut expérimental. Le XP C 15-712-3 sert de référence aux installateurs, aux assureurs et à l'organisme qui vise l'attestation de conformité. La capacité de stockage cumulée de 15 kWh y marque un palier structurant pour les exigences d'installation. Une maison équipée d'une borne et d'une batterie suit donc deux textes : la partie 7-722 pour la borne, le XP C 15-712-3 pour le stockage.
Une borne conforme, prête à recharger au bon prix
Une installation conforme règle la question de la sécurité. Le coût de chaque recharge dépend ensuite de l'heure à laquelle la voiture se charge. Sur la période du 1er janvier 2023 au 23 septembre 2026, l'API publique de Sobry donne un prix spot moyen de 44 €/MWh à 14h contre 109 €/MWh à 19h. Les 24 prix horaires du lendemain sont connus vers 13h, après la clôture de l'enchère EPEX SPOT à 12h.
Une borne pilotable cale la charge sur les heures les moins chères sans intervention. L'Ohme ePod S est aujourd'hui la seule borne intégrée à Sobry. Depuis l'application Ohme, vous connectez les prix Sobry et la borne déclenche la charge sur les heures les moins chères. Les autres bornes fonctionnent avec un contrat Sobry, avec un réglage manuel des heures de charge ou un pilotage par l'API publique Sobry. Programmer un horaire fixe sur l'ordinateur de bord de la voiture rate le creux de prix moyen de 14h relevé par l'API Sobry entre 2023 et 2026. Les bornes de recharge compatibles avec Sobry sont présentées avec leur mode de pilotage.
Faire travailler une borne conforme sur le prix horaire
Une borne posée selon la partie 7-722 et l'article D. 353-2 peut recharger chaque jour aux heures où le kilowattheure est le moins cher. Avec un contrat SoFlex, le prix suit le marché heure par heure, et un plafond minimal existe sur SoFlex, unique sur toute l'année. Le gain dépend de votre capacité à décaler la recharge et du pilotage de votre borne.
Pour voir ce que coûterait votre recharge au prix horaire, simulez votre offre Sobry gratuitement, sans carte bancaire.


