Le chargeur embarqué est le convertisseur installé dans une voiture électrique. Il transforme le courant alternatif du réseau en courant continu, seule forme que la batterie sait stocker. Sa puissance plafonne la recharge en courant alternatif, à la maison comme sur une borne publique lente. Une borne de 22 kW ne charge donc pas plus vite qu'à 7,4 kW une voiture dont le chargeur embarqué est limité à 7,4 kW.
Le mot « chargeur » désigne pourtant trois objets différents dans le langage courant : le convertisseur à bord, la borne murale et le câble branché sur une prise. Seul le premier convertit l'énergie. Cette distinction décide du choix de l'équipement à la maison. Le guide pour choisir une borne de recharge part du même constat : la borne se dimensionne sur la voiture, pas l'inverse.
Chargeur embarqué : l'essentiel en cinq points
- Le chargeur embarqué convertit le courant alternatif en courant continu, à bord de la voiture.
- La puissance réelle de recharge est celle du maillon le plus faible : raccordement, borne, câble ou chargeur embarqué.
- Un chargeur embarqué monophasé de 7,4 kW ne tire que sur une phase, même branché sur une borne triphasée.
- En charge rapide sur une borne en courant continu, le chargeur embarqué est contourné.
- Charger moins vite ne coûte pas plus cher : l'heure de la recharge fixe le prix du kilowattheure.
Le chargeur embarqué, convertisseur de la voiture
Le réseau électrique livre du courant alternatif, à 230 V en monophasé ou à 400 V en triphasé. La batterie de traction stocke du courant continu. Entre les deux, le chargeur embarqué fait la conversion, régule la tension envoyée à la batterie et surveille sa charge. On le désigne aussi par son sigle anglais OBC, pour on-board charger.
La borne murale en courant alternatif ne convertit rien. La norme EN 61851-1, à laquelle les bornes se déclarent conformes, la traite comme un équipement d'alimentation du véhicule, et non comme un chargeur. Elle sécurise l'alimentation, coupe le courant en cas de défaut et indique à la voiture le courant maximal disponible. La voiture prend ensuite ce qu'elle peut absorber, dans la limite de son chargeur embarqué. Une borne et une voiture dialoguent ainsi avant chaque recharge, puis la voiture décide de la puissance réellement appelée.
Le maillon le plus faible fixe la puissance de recharge
La puissance de recharge en courant alternatif est la plus petite de quatre limites :
- l'alimentation du logement, c'est-à-dire le raccordement monophasé ou triphasé et la puissance souscrite ;
- la puissance de la borne ;
- le courant que supporte le câble ;
- la puissance du chargeur embarqué.
La puissance découle de la tension et du courant. En monophasé, elle vaut 230 V multiplié par l'intensité. En triphasé, le calcul porte sur trois phases à 400 V. Le tableau ci-dessous donne les quatre paliers que l'on rencontre sur une installation domestique.
| Alimentation | Courant | Puissance de recharge |
|---|---|---|
| Monophasé 230 V | 16 A | 3,7 kW |
| Monophasé 230 V | 32 A | 7,4 kW |
| Triphasé 400 V | 16 A | 11 kW |
| Triphasé 400 V | 32 A | 22 kW |
Deux cas pratiques découlent de cette règle. Une borne triphasée de 22 kW et un chargeur embarqué monophasé de 7,4 kW donnent 7,4 kW, car un chargeur monophasé ne tire que sur une seule des trois phases. Un chargeur embarqué triphasé de 11 kW branché sur une borne monophasée de 7,4 kW charge à 7,4 kW, car la borne devient le maillon faible.
Quelle puissance pour quelle voiture : trois exemples
La puissance du chargeur embarqué varie selon le modèle, et sur certains modèles selon les options choisies à la commande. Trois exemples tirés de sources constructeur et de presse automobile illustrent l'écart.
- La Renault 5 E-Tech électrique, en version 120 ch, accepte une charge en courant alternatif de 11 kW en triphasé et une charge en courant continu de 80 kW en pointe, selon la fiche technique de Renault. Renault l'annonce aussi compatible avec la charge bidirectionnelle.
- La Dacia Spring garde un chargeur embarqué de 7 kW en courant alternatif sur toute la gamme, d'après L'argus, à propos de la Spring 2025.
- La Peugeot e-208 reçoit un chargeur embarqué de 7,4 kW en monophasé de série, et un chargeur de 11 kW en triphasé en option, selon L'argus.
Pour la Peugeot e-208, deux voitures du même modèle peuvent donc charger à des puissances différentes sur la même borne triphasée.
Trouver la puissance de son chargeur embarqué
La fiche technique du constructeur et la notice donnent la valeur, à la ligne « charge AC » ou « courant alternatif ». Ne confondez pas cette valeur avec la puissance de charge en courant continu, toujours plus élevée, qui concerne les bornes rapides. Pour une voiture d'occasion, vérifiez aussi si un chargeur de 11 kW a été pris en option à la commande, sur la facture d'origine ou la liste d'équipements.
En charge rapide, le chargeur embarqué est contourné
Sur une borne rapide en courant continu, la conversion se fait dans la borne. Le courant arrive directement à la batterie, sans passer par le chargeur embarqué. La limite devient alors la batterie et son système de gestion. La Renault 5 E-Tech électrique, par exemple, accepte 80 kW en pointe dans ces conditions, contre 11 kW en courant alternatif.
Les trois chargeurs embarqués cités plus haut ne dépassent pas 11 kW, contre 80 kW en courant continu pour la Renault 5 E-Tech électrique. La recharge à domicile se fait sur des heures de stationnement, où quelques kilowatts suffisent. La puissance élevée se trouve dans la borne rapide, partagée entre de nombreux conducteurs.
Chargeur embarqué ou chargeur portable : deux objets différents
Le câble de recharge branché sur une prise, vendu sous le nom de « chargeur portable » par de nombreux sites marchands, ne convertit rien. On parle de recharge en mode 2. Nous avons relevé les pages qui se classent pour la requête « chargeur embarqué » au 20 octobre 2026. Une seule traite l'organe de la voiture, les autres présentent des câbles et des bornes sous le nom de chargeur. Ce câble intègre un boîtier qui sécurise la prise et communique avec la voiture, mais la conversion reste confiée au chargeur embarqué.
Sur une prise de 16 A, la puissance plafonne à 3,7 kW par le calcul de 230 V multiplié par 16 A. Le câble peut limiter le courant en dessous de cette valeur pour protéger une prise domestique. Les écarts entre prise classique, prise renforcée et borne sont détaillés dans notre page pour recharger sur une prise domestique ou renforcée.
Choisir sa borne selon son chargeur embarqué
La puissance du chargeur embarqué décide de la borne utile. Trois situations couvrent la plupart des cas :
- avec un chargeur embarqué monophasé de 7 ou 7,4 kW, une borne monophasée de 7,4 kW suffit, et un raccordement triphasé n'apporte rien ;
- avec un chargeur de 11 kW, le triphasé ne sert que si le logement est déjà raccordé en triphasé et si le gain de temps justifie les travaux ;
- avec un chargeur de 22 kW, la borne de 22 kW suppose un raccordement triphasé et une puissance souscrite adaptée.
Le calcul du temps de charge reste simple. Une batterie de 40 kWh rechargée à 7,4 kW demande environ 5 h 24 de charge, soit 40 divisé par 7,4. La durée réelle est un peu plus longue, à cause des pertes de conversion, que nous ne chiffrons pas faute de source fiable. Pour une voiture qui dort au garage, cette durée tient largement dans une nuit ou dans une après-midi. Notre guide sur la puissance d'une borne de recharge compare les durées de recharge de 3,7 à 22 kW.
Au-delà des kilowatts, une borne pilotable compte davantage. Une telle borne réduit sa puissance quand le logement consomme, et elle peut placer la charge sur les heures les moins chères.
Charger moins vite ne coûte pas plus cher : l'heure compte
Le coût d'une recharge se calcule en multipliant les kilowattheures chargés par le prix du kilowattheure au moment de la charge. La puissance de la borne ne change pas ce prix. L'heure, en revanche, le change avec un contrat indexé sur le prix spot.
L'API publique de Sobry donne un prix client SoFlex TTC moyen de 0,162 €/kWh à 14h contre 0,239 €/kWh à 19h. Ces moyennes couvrent la période du 1er janvier 2023 au 23 septembre 2026, hors abonnement et CTA. Une borne de 7,4 kW transfère environ 22 kWh en 3 h de charge, soit 7,4 kW multipliés par 3 h.
| Recharge de 22 kWh à 7,4 kW | Prix client SoFlex TTC moyen | Coût de l'énergie |
|---|---|---|
| En début d'après-midi, prix de 14h | 0,162 €/kWh | 3,56 € |
| En soirée, prix de 19h | 0,239 €/kWh | 5,26 € |
Illustration calculée sur les prix moyens de l'API Sobry de la même période, hors abonnement et CTA. Ce calcul n'est ni un devis ni une promesse, car le prix suit le marché chaque jour.
Les 24 prix horaires du lendemain sont connus vers 13h, après la clôture de l'enchère EPEX SPOT Day-Ahead à 12h. Le creux change de place d'un jour à l'autre, si bien qu'une heure de départ fixe, réglée une fois pour toutes, le manque régulièrement. Un plafond minimal existe sur SoFlex, unique sur toute l'année, et sa valeur figure dans la grille tarifaire.
La borne du fabricant Ohme, l'Ohme ePod S, délivre 7,4 kW en monophasé sous 32 A selon sa fiche produit de juillet 2025. Cette puissance correspond aux chargeurs embarqués monophasés de la Dacia Spring et de la Peugeot e-208 de série. L'Ohme ePod S est aujourd'hui la seule borne intégrée à Sobry. Depuis l'application Ohme, vous connectez les prix Sobry, et la borne se cale seule sur les heures les moins chères. Ohme est un partenaire commercial de Sobry, sans exclusivité contractuelle, et la page consacrée à la borne Ohme détaille ses fonctions. Les autres bornes fonctionnent aussi avec un contrat Sobry, par un réglage manuel des heures de charge ou via l'API publique Sobry depuis une box domotique.
Les équipements et l'offre de recharge associée sont réunis sur la page des bornes de recharge à domicile de Sobry. Pour chiffrer votre propre usage, vous pouvez simuler votre offre Sobry, gratuitement et sans carte bancaire.


