La prise Type 2, aussi appelée Mennekes, est le connecteur de recharge en courant alternatif retenu comme standard européen. Elle porte sept contacts : trois phases, un neutre, une terre, et deux fils qui ne transportent aucune puissance mais font tout le reste. Ces deux fils de dialogue séparent une borne d'une prise domestique.
Cette page dit ce que chaque contact change concrètement, plutôt que de lister un brochage. Le guide donne ensuite la règle d'achat d'un câble sans fiche produit : trois valeurs à relever, et le plus faible des trois plafonds décide de tout.
Les sept contacts, et ce que chacun change pour vous
| Contact | Nom | Ce qu'il fait |
|---|---|---|
| L1, L2, L3 | Les phases | Transportent la puissance, une seule est utilisée en monophasé |
| N | Le neutre | Ferme le circuit en monophasé |
| PE | La terre de protection | Écoule un courant de défaut vers la terre |
| CP | Control pilot | Porte le dialogue permanent entre la borne et le véhicule |
| PP | Proximity pilot | Annonce à la borne le calibre du câble branché |
Le connecteur est décrit par la norme IEC 62196-2, et c'est la directive européenne de 2014 sur les infrastructures pour carburants alternatifs qui l'a retenu comme connecteur des points de charge en courant alternatif. Ce choix européen explique qu'un câble Type 2 acheté aujourd'hui fonctionne sur toutes les bornes en courant alternatif du territoire, ce qui n'allait pas de soi avant. Le guide complet de la borne de recharge situe le connecteur parmi les autres pièces de l'installation.
Les cinq premiers contacts sont ceux d'une installation électrique ordinaire. Les deux derniers, le control pilot et le proximity pilot, font l'objet des sections suivantes.
Le control pilot, qui décide de l'intensité
La borne émet sur ce fil un signal carré dont le rapport cyclique, la proportion de temps pendant laquelle il est haut, code l'intensité maximale autorisée. Un rapport de 50 % annonce 30 A. Le véhicule lit cette valeur et n'en demande jamais plus.
Le même fil sert dans l'autre sens : en modifiant la tension qu'il y applique, le véhicule signale qu'il est présent, prêt, ou en défaut.
Ce dialogue permanent est ce qui permet à une borne de réduire l'intensité en cours de session sans couper la charge. Cette réduction est le mécanisme du délestage, et une prise domestique, qui ne dialogue pas, ne sait pas le faire. La séquence complète d'une session détaille les cinq étapes que ce fil orchestre.
Le proximity pilot, qui plafonne votre charge
Ce contact indique à la borne le calibre du câble branché, au moyen d'une résistance intégrée à la fiche. Un câble prévu pour 20 A branché sur une borne de 32 A limite la session à 20 A, sans intervention et sans message d'erreur.
Ce plafonnement par le câble explique une observation fréquente : une charge qui plafonne alors que la borne et le véhicule sont tous deux capables de plus. Le câble est en cause, et c'est le seul maillon de la chaîne qui se remplace pour quelques dizaines d'euros.
Cette sécurité explique aussi pourquoi un câble sous-dimensionné ralentit une charge au lieu de chauffer.
Quel câble Type 2 acheter : trois valeurs, pas une marque
Un câble de recharge se choisit sur trois valeurs : le calibre, le nombre de phases et la longueur. Aucune de ces valeurs ne figure sur une marque, toutes figurent sur la fiche technique.
Le calibre, 16 A ou 32 A, est la valeur qui plafonne la session, via le proximity pilot. Un câble 16 A limite à 3,7 kW en monophasé et à 11 kW en triphasé. Un câble 32 A monte à 7,4 kW et 22 kW. Le câble 32 A coûte plus cher et pèse davantage.
Le nombre de phases distingue un câble monophasé d'un câble triphasé. Un câble monophasé ne câble que L1, le neutre et la terre. Branché sur une borne triphasée, il fonctionne et plafonne au monophasé. Un câble triphasé sur une installation monophasée fonctionne aussi, sans rien apporter.
La longueur. Cinq mètres couvrent la plupart des configurations domestiques, sept mètres rassurent sur un stationnement en épi ou en voirie. Au-delà, le câble devient lourd, encombrant et coûteux, et la chute de tension commence à se voir.
La règle qui rend tout le reste inutile : le plus faible des trois plafonds décide, entre la borne, le câble et le chargeur embarqué du véhicule. Acheter un câble 32 A triphasé sur un logement monophasé équipé d'un véhicule limité à 7,4 kW ne change rien du tout, sinon le prix payé. Le calcul du temps de charge montre l'effet de ce plafond sur la durée d'une session.
Les termes « mâle » et « femelle », qui reviennent dans les catalogues, désignent les pièces d'un ensemble de connexion. D'un côté se trouve le socle fixe monté sur une borne, de l'autre la fiche qui termine un câble. Un acheteur de câble de recharge n'a pas à trancher : un câble Mode 3 est vendu avec ses deux extrémités, l'une pour le véhicule et l'autre pour la borne. Chacune de ces extrémités ne se branche que d'un seul côté.
Le même connecteur pour 3,7 kW et pour 22 kW
Le Type 2 porte trois phases, mais rien n'oblige à les utiliser toutes. Cette liberté lui permet de couvrir toute la gamme de la recharge en courant alternatif avec un brochage unique.
| Raccordement | Intensité | Puissance |
|---|---|---|
| Monophasé, 230 V | 16 A | 3,7 kW |
| Monophasé, 230 V | 32 A | 7,4 kW |
| Triphasé | 16 A par phase | 11 kW |
| Triphasé | 32 A par phase | 22 kW |
En monophasé, seuls L1, le neutre et la terre transportent la puissance. Les contacts L2 et L3 restent présents dans le connecteur et inutilisés.
La puissance n'est pas décidée par le connecteur, mais par le raccordement du logement, puis par la borne, puis par le câble, puis par le chargeur embarqué du véhicule. Une borne de 22 kW installée sur un logement monophasé délivre 7,4 kW, et le connecteur n'y est pour rien.
Socle nu ou câble attaché
Deux formats de bornes coexistent : le socle nu et le câble attaché. Le choix entre les deux se joue sur l'usage plutôt que sur la technique.
La borne à socle nu expose une prise Type 2 dans laquelle l'utilisateur branche son propre câble. Ce format accepte tous les véhicules, y compris ceux équipés en Type 1 avec le câble adapté. La borne à socle nu impose de transporter un câble et de le brancher aux deux extrémités.
La borne à câble attaché intègre son câble, terminé par le connecteur qui va dans le véhicule. Ce format supprime une manipulation et un rangement. La borne à câble attaché concentre aussi l'usure sur le câble, qui est la pièce la plus sollicitée de l'installation, exposée aux intempéries, au passage des roues et aux torsions.
Pour une maison avec un seul véhicule, le câble attaché gagne en confort. Pour un parking partagé, le socle nu reste le choix par défaut : il ne dépend pas d'un câble que tout le monde manipule. Les cinq critères pour choisir une borne reprennent cet arbitrage parmi les autres.
Type 1, Type 3, CCS : les connecteurs que vous croiserez
Le Type 1 équipe des véhicules conçus pour les marchés japonais et nord-américain. Il porte cinq contacts, ne transporte que du monophasé, et n'a pas les broches nécessaires au triphasé. Un véhicule en Type 1 se recharge sur une borne Type 2 avec un câble Type 1 vers Type 2. La conversion se fait côté câble, jamais côté borne.
Le Type 3C a été proposé en France et en Italie, avec des volets obturateurs sur les contacts. Il a été abandonné au profit du Type 2 et vous ne le croiserez plus que sur des installations anciennes.
Le CCS Combo 2 n'est pas un autre connecteur. Le CCS Combo 2 est un Type 2 auquel deux contacts de puissance ont été ajoutés en dessous, pour la charge rapide en courant continu. La partie haute reste un Type 2 et se branche sur les mêmes câbles. Cette partie haute commune permet à un même véhicule d'accepter une borne domestique en courant alternatif et une borne d'autoroute en courant continu, avec une seule trappe.
Alimenter un appareil depuis la voiture : le V2L
Certains véhicules savent faire circuler le courant dans l'autre sens et fournir du 230 V depuis leur batterie. La fonction s'appelle V2L, pour vehicle to load, et elle passe par un adaptateur branché sur le connecteur du véhicule et terminé par une prise domestique.
Avant de chercher cet adaptateur, retenez deux points : la capacité V2L dépend du véhicule, et la puissance disponible reste modeste.
La capacité est dans le véhicule, pas dans le connecteur. Un adaptateur ne rend pas un véhicule capable de V2L : il exploite une fonction que l'électronique de bord possède ou non. Cette information se lit sur la fiche technique du véhicule.
La puissance disponible est modeste. Le V2L alimente un outil, un appareil de camping, un appoint temporaire. Il n'alimente pas un logement, ce qui relève d'une autre fonction et d'un autre matériel.
Ce que le connecteur ne transporte pas
Le dialogue porté par le control pilot suffit à moduler l'intensité. Ce dialogue ne transporte aucune information de prix.
Aucun des sept contacts ne dit au véhicule ce que coûte le kilowattheure qu'il absorbe. Une couche supplémentaire existe pour cela, la norme ISO 15118, qui définit une communication étendue permettant l'identification automatique du véhicule et la négociation d'un planning de charge. Son déploiement reste partiel, côté véhicules comme côté bornes.
Sur une installation domestique, la décision tarifaire se prend donc en amont du connecteur, jamais dedans. Une borne pilotable, une box domotique ou une interface de programmation lit un prix horaire, choisit le créneau et commande la borne. Le connecteur exécute cette commande.
Les guides sur le Type 2 ne traitent pas ce point et s'arrêtent aux caractéristiques électriques. C'est pourtant en aval de ces caractéristiques que la charge devient chère ou non. Une réserve toutefois : sur un contrat à prix fixe, cet arbitrage ne rapporte rien, le kilowattheure y coûtant le même montant à toute heure.
Les trois valeurs à relever avant d'acheter un câble
Relevez le calibre que votre borne autorise, le nombre de phases de votre raccordement, et la puissance que votre véhicule accepte en courant alternatif. Ces trois valeurs écartent la moitié des références en vente et rendent la fiche produit lisible en dix secondes.
Une fois le câble choisi, posez la question que le connecteur ne posera jamais à votre place : à quelle heure ces kilowattheures vont-ils passer par lui. Le Type 2 transporte du courant et un dialogue technique, et c'est votre contrat de fourniture qui décide de leur prix.
Voir le prix horaire auquel votre borne délivre ses kilowattheures


