Une borne de recharge est un point de charge fixe qui dialogue avec la voiture avant de laisser passer le courant. Une prise, elle, se contente de la mettre sous tension. Cette page traite la borne installée chez vous ou sur un site privé. Elle ne dit ni où trouver une borne à proximité, ni quel badge prendre, ni ce que coûte une recharge rapide sur autoroute.
S'équiper suppose quatre décisions, dans cet ordre : la puissance de la borne, son circuit électrique, le professionnel qui la pose et le contrat qui fixe le prix du kilowattheure. La puissance, le circuit et la pose se règlent une fois. Le contrat se paie tous les mois, pendant toute la vie de l'installation. Une voiture qui parcourt 12 000 km par an à 16 kWh aux 100 km consomme environ 1 900 kWh. Chaque centime d'écart sur le prix de ce kilowattheure déplace donc le budget de 19 euros par an.
Ce qu'est une borne de recharge, et ce qu'elle n'est pas
Une borne ne transforme pas le courant. Elle l'autorise, le limite, le mesure et le coupe. La conversion du courant alternatif du réseau vers le courant continu de la batterie se fait à bord du véhicule, dans son chargeur embarqué. Une borne domestique délivre donc de l'alternatif, et la voiture convertit. Toutes les voitures électriques et hybrides rechargeables vendues en Europe le reçoivent par le même connecteur, le Type 2 : une borne domestique convient à tous les véhicules. Une borne rapide de voirie ou d'autoroute délivre du continu, directement dans la batterie. Le matériel, la puissance et le prix relèvent de deux métiers distincts, et les cinq critères pour choisir une borne ne concernent que le premier.
La borne remplit quatre fonctions : elle ferme un contacteur de puissance, annonce au véhicule l'intensité disponible, mesure l'énergie livrée et coupe la session au moindre défaut d'isolement. La norme IEC 61851 encadre ce fonctionnement sous le nom de Mode 3 : une recharge en courant alternatif pilotée par un dispositif de contrôle intégré au point de charge.
Le contacteur est ce qui sépare une borne d'une prise. Une prise reste sous tension en permanence. Une borne reste hors tension tant qu'un dialogue n'a pas abouti avec la voiture, ce qui écarte tout risque au moment du branchement.
Borne, point de charge, borne murale : trois mots pour la même chose
« Point de charge » est le terme réglementaire. « Borne de recharge » est le terme courant. « Borne murale » désigne les modèles fixés au mur du garage ou sur une façade. Un anglicisme circule aussi pour ces modèles muraux, et il appelle une précaution : c'est également le nom d'un fabricant. Un lecteur qui compare des pages sans le savoir met en regard une catégorie de produits et une marque.
Prise domestique, prise renforcée ou borne : ce que chaque solution permet
Trois montages coexistent, la prise domestique, la prise renforcée et la borne murale, et ils ne relèvent pas du même mode de charge au sens de la norme.
| Solution | Mode | Puissance | Batterie de 50 kWh, de 20 à 80 % | Circuit dédié |
|---|---|---|---|---|
| Prise domestique, câble limité à 10 A | Mode 2 | 2,3 kW | environ 13 heures | recommandé |
| Prise renforcée, 14 A | Mode 2 | 3,2 kW | environ 9 heures 30 | oui |
| Borne murale monophasée | Mode 3 | 7,4 kW | environ 4 heures | oui, 40 A courbe C |
| Borne murale triphasée | Mode 3 | 11 à 22 kW | 1 à 3 heures | oui, alimentation triphasée |
Peut-on recharger sur une prise normale ? Oui, avec le câble fourni par le constructeur. Ce câble embarque son propre boîtier de contrôle, ce qui en fait du Mode 2, et il se limite à 10 A quelle que soit la prise. Une prise 16 A ordinaire ne change donc rien à la puissance : vous obtenez 2,3 kW. Avec une prise ordinaire, c'est le risque qui change : un courant proche du maximum circule pendant dix heures d'affilée sur un circuit qui n'a pas été conçu pour cela. Un câble ancien, une multiprise ou une rallonge suffisent à provoquer un échauffement.
La prise renforcée règle ce point pour un coût d'installation limité. Elle reste en Mode 2, mais elle est posée sur un circuit dédié, avec une protection à elle, et elle livre 3,2 kW.
Le seuil qui départage les deux familles est l'énergie à livrer chaque nuit, et il se calcule. Une prise renforcée à 3,2 kW transfère environ 25 kWh en huit heures, soit 150 km de trajets quotidiens à 16 kWh aux 100 km. Au-delà de 25 kWh par nuit, la borne devient nécessaire. La borne ne sert pas ici la vitesse en soi : elle permet de tenir la charge dans une fenêtre horaire où l'électricité est bon marché. Cette fenêtre de prix bas dure rarement plus de quelques heures.
La puissance, décidée par trois plafonds et pas par vous
La puissance réellement délivrée est la plus faible de trois valeurs : celle de la borne, celle du raccordement du logement, celle du chargeur embarqué du véhicule.
| Puissance | Raccordement nécessaire | Intensité |
|---|---|---|
| 3,7 kW | monophasé | 16 A |
| 7,4 kW | monophasé | 32 A |
| 11 kW | triphasé | 16 A par phase |
| 22 kW | triphasé | 32 A par phase |
Une borne de 22 kW posée sur un logement monophasé délivre 7,4 kW, sans que la borne soit défectueuse ni que l'installateur ait rien manqué. Le raccordement impose son plafond, quelle que soit l'électronique en amont.
Le second plafond de puissance est côté voiture, et c'est celui que l'on oublie. Un véhicule dont le chargeur embarqué accepte 7,4 kW en courant alternatif obtiendra la même durée sur une borne de 11 kW et sur une borne de 22 kW. Cette valeur se lit sur la fiche technique du véhicule, jamais sur celle de la borne.
La meilleure borne pour un domicile n'existe pas dans l'absolu : comptent la puissance que votre raccordement et votre voiture acceptent, et la capacité de la borne à se piloter. Pour une maison individuelle en monophasé, 7,4 kW couvre le besoin : huit heures de charge à cette puissance transfèrent près de 60 kWh. Le triphasé ne se justifie que si le logement y est déjà raccordé, et si la voiture sait l'absorber.
Ce que la borne impose au tableau électrique
Une borne tire son intensité nominale pendant plusieurs heures sans interruption. Aucun circuit partagé n'encaisse cette contrainte durablement, ce qui explique les exigences de la norme NF C 15-100.
La norme NF C 15-100 impose un circuit dédié, tiré depuis le tableau, sans repiquage sur une ligne existante. Pour une borne de 7,4 kW, le câble cuivre fait 6 mm² au minimum, et 10 mm² dès que la longueur fait chuter la tension. Le circuit de la borne comprend aussi un disjoncteur dédié de 40 A courbe C et une protection différentielle de 30 mA.
Le type de protection différentielle décide d'une part du devis. Si la borne intègre une détection des courants de défaut continus, généralement à 6 mA, un différentiel de type A suffit. Sans cette détection, le type B devient obligatoire, et il coûte sensiblement plus cher. Une borne annoncée moins chère qui impose un type B efface son avantage sur la ligne suivante du devis.
Trois situations se présentent côté tableau électrique :
- une rangée libre accepte le raccordement directement ;
- un tableau plein mais aux normes reçoit un tableau divisionnaire ;
- un tableau plein et hors normes impose une mise en conformité préalable, qui change l'ordre de grandeur du chantier.
C'est le tableau hors normes, et non le modèle de borne, qui fait dériver un devis. La distance compte aussi : chaque mètre de câble entre le tableau et la borne s'ajoute au devis. Une borne posée dehors demande un indice de protection adapté à l'extérieur, contre l'eau et la poussière, lu sur sa fiche. Pour situer ce premier budget, une page classée sur cette requête au 23/09/2026 annonce entre 500 et 1 200 € pour la pose par un professionnel certifié. Ce montant est un repère externe, pas un tarif.
Puis-je installer ma borne moi-même ? Au-delà de 3,7 kW, vous ne pouvez pas installer la borne vous-même. La pose relève d'un électricien titulaire de la qualification IRVE, qui conditionne la conformité, la garantie du fabricant et l'accès aux aides. En 2026, l'aide dépend du logement. En maison, c'est la TVA à 5,5 % sur la fourniture et la pose par un installateur qualifié, dans un logement de plus de deux ans. Le crédit d'impôt pour système de charge a couvert les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2025 et n'a pas été reconduit.
En copropriété, le projet commence chez le syndic. Le droit à la prise permet à un copropriétaire de faire poser une borne sur sa place, à ses frais, avec un comptage individuel. L'assemblée générale ne peut s'y opposer que pour un motif sérieux et légitime. La copropriété peut aussi voter une infrastructure collective, à laquelle chacun se raccorde ensuite. C'est le seul cas où un particulier touche la prime ADVENIR : 50 % de la dépense, plafonnée à 1 000 € hors TVA par point individuel.
Monter la puissance souscrite, ou piloter la borne
Une borne de 7,4 kW appelle 32 A. Ajoutée à un chauffe-eau et à un chauffage électrique, elle dépasse un abonnement de 9 kVA dès que deux usages se superposent.
La première réponse au risque de coupure consiste à augmenter la puissance souscrite, ce qui règle le problème et alourdit l'abonnement tous les mois. Chez Sobry, l'abonnement suit la formule 4 x racine(kVA - 2) euros par mois HTVA, à laquelle s'ajoute la part fixe d'acheminement. La formule étant publiée, l'écart entre deux puissances se calcule avant de signer.
La seconde réponse au risque de coupure consiste à installer une borne capable de moduler son intensité selon la consommation du reste du logement. Ce gestionnaire de charge suppose un capteur sur l'arrivée générale. Il coûte moins cher qu'une montée de puissance dans la majorité des installations résidentielles, à condition que la borne le propose en série.
La montée de puissance et le gestionnaire de charge traitent le même risque, celui de la coupure. Aucune des deux ne touche au prix du kilowattheure, une question distincte et plus lourde.
Ce que la recharge coûte réellement, une fois la borne posée
Le prix affiché par un fournisseur n'est jamais celui du kilowattheure livré. Sur une facture française, le kWh consommé additionne quatre blocs : l'énergie de gros, l'acheminement au titre du TURPE, les taxes et contributions, et la marge du fournisseur. Les deux blocs du milieu sont identiques quel que soit le fournisseur.
Chez Sobry, ces blocs sont publiés. L'énergie suit le cours EPEX SPOT Day-Ahead, heure par heure, et les 24 prix du lendemain sont connus vers 13h. Tout le reste est regroupé en frais hors énergie, publiés par saison.
| Période | Frais hors énergie, offre SoFlex résidentielle |
|---|---|
| Hiver, du 1er novembre au 31 mars | 0,1369 €/kWh TTC |
| Été, du 1er avril au 31 octobre | 0,0789 €/kWh TTC |
| Moyenne annuelle | 0,1079 €/kWh TTC |
Ces frais, relevés le 30/06/2026 dans la base de connaissances Sobry, comprennent la part Sobry : 0,010 €/kWh HTVA, fixe et identique pour tous les clients.
Le calcul d'une recharge devient direct : prix spot de l'heure, plus frais de la saison, multiplié par l'énergie livrée. Prenons une charge de 30 kWh, de 20 à 80 % d'une batterie de 50 kWh, et deux hypothèses de prix spot posées pour l'exemple. Un après-midi d'été à 6 centimes le kilowattheure, le kWh livré revient à 0,1389 € TTC et la charge coûte 4,17 €. Un soir d'hiver à 20 centimes, le kWh livré revient à 0,3369 € TTC et la même charge coûte 10,11 €. Ni la borne, ni la voiture, ni le câble n'expliquent cet écart entre 4,17 € et 10,11 € : seule l'heure de branchement le fait.
Nous avons mesuré sur l'API publique de Sobry, pour le mois de juin 2026, une moyenne de 66,07 €/MWh, un minimum journalier à 8,13 et un maximum à 157,87 €/MWh. C'est l'écart entre ce minimum et ce maximum qui constitue le gisement d'économie, pas la moyenne. Le détail de ce que coûte un plein à domicile, calculé poste par poste décline ce calcul au plein, aux 100 km et à l'année.
Un garde-fou encadre l'exposition au marché : un plafond minimal existe sur SoFlex, unique sur toute l'année. Ce plafond s'applique sur le prix moyen du mois, jamais heure par heure : une heure de pointe peut dépasser le seuil sans que la facture mensuelle le dépasse. Sa valeur figure dans la grille tarifaire.
Les économies sur le prix du marché dépendent d'une condition que rien ne remplace : la capacité à décaler la charge. Un logement dont la recharge reste concentrée sur les heures de pointe paiera davantage au prix du marché qu'à prix fixe, et un contrat à prix fixe lui convient mieux. Le choix entre prix du marché et prix fixe se tranche avant de souscrire. Une simulation à partir de votre puissance souscrite et de votre kilométrage la tranche en quelques minutes. La recharge sur borne publique obéit à une autre logique, avec l'amortissement de l'infrastructure et la marge de l'opérateur. Le prix d'une recharge sur borne publique et sur autoroute fait l'objet d'une page à part.
Charger quand l'électricité est la moins chère
Une borne pilotable agit sur l'instant de démarrage, qui vise un créneau de prix bas, et sur l'intensité, qui sert au délestage. Trois signaux horaires circulent en France, les heures creuses, le calendrier fournisseur et le prix spot horaire, et ils ne disent pas la même chose.
| Signal | Ce qu'il indique | Qui le fournit |
|---|---|---|
| Heures pleines et heures creuses | Deux prix du kilowattheure, fixés d'avance par plage | Le gestionnaire de réseau pour les plages, le fournisseur pour les prix |
| Calendrier fournisseur | Un ordre de marche pour les appareils | Le compteur Linky, par contact sec |
| Prix spot horaire | Le coût réel de l'énergie, heure par heure | Le marché EPEX SPOT Day-Ahead |
Les heures creuses baissent le prix du kilowattheure dans des plages fixées d'avance. Une partie de l'écart vient du réseau. Sur un raccordement résidentiel, la part variable du TURPE va de 0,0476 à 0,0899 €/kWh TTC entre heures creuses et heures pleines d'hiver, d'après la grille du 18 mars 2026. Le fournisseur ajoute son propre écart sur l'énergie. Les plages d'heures creuses ne bougent pourtant pas avec le marché, et elles ne disent rien de ce que l'énergie coûte heure par heure.
Le calendrier fournisseur est un ordre technique, pas un tarif. Chez Sobry, il ouvre deux créneaux en saison basse, de début avril à fin octobre : 13h à 16h et minuit à 6h. Le reste de l'année, ce sont 15h à 17h et minuit à 6h. Ces plages désignent des moments où le marché est structurellement bas, sans garantir le prix d'une heure donnée.
Le prix spot horaire est le seul des trois à suivre le marché heure par heure. Il change toutes les heures et il est publié la veille pour le lendemain. Confondre ces trois signaux coûte de l'argent : une charge lancée en heures creuses d'hiver peut revenir plus cher qu'une charge lancée à 14h en avril.
Comment la borne reçoit-elle ce prix ? La borne reçoit le prix spot de deux façons : par un réglage manuel des heures dans l'application du fabricant, ou par une lecture automatique des prix. Le réglage manuel part des prix publiés la veille. La borne Ohme ePod S est aujourd'hui la seule borne intégrée à Sobry, et Ohme est un partenaire commercial de Sobry. Les autres marques fonctionnent avec un réglage manuel. Sur un contrat à prix fixe, le pilotage horaire est sans objet : le kilowattheure y coûte le même montant à 3 heures du matin et à 19 heures. Le pilotage ne crée pas d'économie, il récupère celle que le contrat rend disponible.
Ce qui change pour une entreprise
Un site qui installe plusieurs bornes bascule souvent d'un raccordement résidentiel vers un raccordement au-dessus de 36 kVA. La part fixe d'acheminement augmente et le barème variable change de grille. Le dimensionnement dépend moins du nombre de bornes que de leur simultanéité. Six bornes de 7,4 kW appellent 44 kW si toutes chargent ensemble, et 22 kW avec un gestionnaire limitant à trois sessions.
Les conventions changent aussi pour un professionnel : le prix se dit en €/kWh électron seul et les mensualités en HTVA. La refacturation aux salariés ou aux visiteurs suppose de connaître le coût réel du kilowattheure au moment de la session, pas une moyenne annuelle. Le coût d'exploitation d'un parc de bornes en entreprise traite ce volet poste par poste.
Les trois valeurs à relever avant d'appeler un installateur
Notez le type de raccordement de votre logement, lu au compteur et non déduit. Notez la puissance que votre véhicule accepte en courant alternatif, lue sur sa fiche technique. Notez enfin votre puissance souscrite actuelle. Le raccordement, la puissance acceptée par le véhicule et la puissance souscrite écartent la moitié des références du marché et rendent deux devis comparables.
Posez ensuite à l'installateur une quatrième question, celle que le devis ne traitera pas : à quel prix votre borne livrera-t-elle ses kilowattheures pendant les dix prochaines années. Ce prix dépend du contrat et de votre capacité à charger quand l'énergie est abondante. Pour la trancher avec vos propres chiffres, simulez votre offre Sobry à partir de votre puissance souscrite et de votre kilométrage, gratuitement et sans carte bancaire.


