Prix de rachat de l'électricité solaire : le tarif photovoltaïque en 2026

Par
Jérémy Assayag
le
23 Oct 2026

10 min

Pas le temps de tout lire ? Je vous fais un récap

  • Le prix de rachat de l'électricité solaire est de 1,1 c€/kWh hors TVA pour une installation de 100 kWc ou moins dont la demande complète de raccordement a été déposée depuis le 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin 2026).
  • Le tarif applicable à une installation est celui en vigueur à la date de sa demande de raccordement : 4 c€/kWh jusqu'à 9 kWc pour une demande déposée du 28 mars 2025 au 4 juin 2026, 12,69 c€ juste avant.
  • Le tarif de 1,1 c€/kWh est indexé de 2 % par an pendant les 20 ans du contrat : 1,12 c€ la deuxième année, 1,31 c€ la dixième, 1,60 c€ la vingtième.
  • Au tarif réglementé Base de 0,2001 € TTC (barème du 1er août 2026, 6 kVA), un kWh acheté coûte plus de 18 fois un kWh injecté à 1,1 c€.
  • Le soutirage et l'injection relèvent de deux contrats distincts : changer de fournisseur ne touche ni au contrat d'obligation d'achat ni à son tarif, et Sobry ne rachète pas le surplus.

Le prix de rachat de l'électricité solaire est de 1,1 c€/kWh hors TVA en 2026. Le tarif de 1,1 c€/kWh vaut pour une installation de 100 kWc ou moins dont la demande complète de raccordement a été déposée depuis le 5 juin 2026. Le tarif unique fixé par l'arrêté du 1er juin 2026 s'applique à la vente du surplus comme à la vente totale. Le tarif de 1,1 c€/kWh est indexé de 2 % par an et garanti pendant les 20 ans du contrat d'obligation d'achat. Une installation raccordée sur une demande plus ancienne garde le tarif en vigueur à la date de cette demande.

Le tarif de rachat photovoltaïque en vigueur au 20 octobre 2026

Le tarif de rachat ne dit pas, à lui seul, s'il vaut mieux vendre ou garder son surplus. Le calcul complet entre consommer et injecter son surplus détaille aussi les démarches pour vendre. Cette page se concentre sur le montant du tarif, sur la règle qui le rend applicable et sur ce qu'il représente face au prix d'un kWh acheté.

L'arrêté du 1er juin 2026 modifie l'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021. L'arrêté tarifaire fixe les conditions d'achat de l'électricité produite par les panneaux posés sur un bâtiment, un hangar ou une ombrière en métropole continentale. Le texte remplace l'ancienne grille, révisée chaque trimestre, par un tarif unique.

CaractéristiqueRègle de l'arrêté du 1er juin 2026
Tarif d'achat1,1 c€/kWh hors TVA
Installations concernées100 kWc ou moins, demande complète de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026
Mode de vente jusqu'à 9 kWcVente du surplus uniquement
Mode de vente de 9 à 100 kWcVente du surplus ou vente totale, au même tarif
Indexation2 % par an, à chaque date anniversaire du contrat
Plafond rémunéréInjection au-delà de 1 600 heures multipliées par la puissance installée non payée
Durée du contrat20 ans à compter de la mise en service
Prime à l'autoconsommationSupprimée pour les nouvelles demandes

Sources : arrêté du 1er juin 2026, Journal officiel du 4 juin 2026 et photovoltaique.info, actualité du 17 juin 2026, consultés le 20 octobre 2026.

Le tarif unique ne bouge plus d'un trimestre à l'autre pour les nouvelles demandes. Au-delà de 100 kWc, l'arrêté tarifaire ne couvre plus les nouveaux projets depuis le 22 septembre 2025, selon photovoltaique.info. Une installation de cette taille relève donc d'un autre dispositif de soutien que celui décrit ici.

Quel tarif s'applique à votre installation

Le tarif d'achat d'une installation est celui en vigueur à la date de la demande de raccordement, selon la fiche de service-public.gouv.fr sur la vente d'électricité solaire. Le tarif de rachat reste ensuite attaché au contrat pendant 20 ans. Trois régimes se sont succédé pour une installation résidentielle de 9 kWc ou moins en vente du surplus.

Date de la demande de raccordementTarif du kWh injecté, 9 kWc ou moinsPrime à l'autoconsommationSource
Barème en vigueur juste avant le 28 mars 202512,69 c€220 €/kWc jusqu'à 3 kWc, 160 €/kWc jusqu'à 9 kWcservice-public.gouv.fr, actualité du 8 avril 2025
Du 28 mars 2025 au 4 juin 20264 c€80 €/kWcarrêté du 26 mars 2025, même source
Depuis le 5 juin 20261,1 c€Aucunearrêté du 1er juin 2026, Légifrance

Valeurs pour la vente du surplus, consultées le 20 octobre 2026.

En un peu plus d'un an, le kWh injecté par une petite installation est passé de 12,69 c€ à 1,1 c€, soit une division par plus de onze. Le contrat d'une installation dont la demande est plus ancienne porte le tarif du trimestre de cette demande, que ce tableau ne reprend pas. Une installation de 9 à 100 kWc dont la demande précède le 5 juin 2026 relève de la grille trimestrielle de l'époque.

Le seul chiffre qui fait foi pour une installation donnée est celui écrit sur son contrat d'obligation d'achat. Lisez le tarif et la date de prise d'effet sur votre contrat avant de faire un calcul.

Comment se calcule la somme versée pour votre surplus

Le compteur Linky compte séparément l'électricité qui entre dans le logement et celle qui en sort. Le soutirage désigne l'électricité tirée du réseau, que vous payez à votre fournisseur. L'injection désigne le surplus de vos panneaux, celui que vos appareils ne consomment pas au moment où il est produit.

La somme versée par l'acheteur obligé se calcule en une ligne : le nombre de kWh injectés, multiplié par le tarif de votre contrat. Pour 1 000 kWh injectés dans l'année au tarif de 1,1 c€, la somme versée est de 11 €. Ce volume de 1 000 kWh est une hypothèse de calcul, car l'injection dépend de la production et de la consommation en journée de chaque foyer.

Deux règles de l'arrêté du 1er juin 2026 modifient ce calcul au fil du contrat.

  • L'indexation de 2 % s'applique à chaque date anniversaire du contrat. Le tarif de 1,1 c€ devient 1,12 c€ la deuxième année, 1,31 c€ la dixième et 1,60 c€ la vingtième, selon photovoltaique.info.
  • Le plafond de 1 600 heures limite le volume rémunéré. Pour une installation de 6 kWc, le plafond vaut 6 multiplié par 1 600, soit 9 600 kWh injectés par an, au-delà desquels l'injection n'est pas payée.

Le plafond de 1 600 heures ne concerne guère une installation résidentielle en vente du surplus, puisque le foyer consomme d'abord une part de la production. Le tarif fixé à la signature reste en revanche le premier facteur de la somme versée, pendant les 20 ans du contrat.

Pourquoi un kWh injecté à midi vaut si peu

Le surplus d'une installation solaire part sur le réseau au milieu de la journée, quand les panneaux de tout le pays produisent en même temps. Le prix spot, le prix de gros fixé heure par heure sur la bourse EPEX SPOT, est justement au plus bas à ces heures-là.

Nous avons mesuré le prix spot day-ahead France heure par heure sur l'API publique de Sobry, depuis le 1er janvier 2023. Le prix spot vaut en moyenne 44 €/MWh à 14h et 109 €/MWh à 19h. Le kWh solaire arrive donc sur le marché à l'heure où l'électricité vaut le moins.

Les heures à prix négatif montrent la même tendance. Ce sont des heures où la production dépasse la demande au point que le prix de gros passe sous zéro.

AnnéeHeures à prix négatifPart du temps
20231471,7 %
20243614,1 %
20255075,8 %
2026, année partielle4727,4 %

Prix day-ahead EPEX SPOT France, données de l'API publique Sobry, arrêtées au 23 septembre 2026.

Ces valeurs sont des prix de marché de gros, pas des prix de facture. Elles montrent un fait simple : un kWh produit à midi a de moins en moins de valeur sur le marché, alors qu'un kWh consommé le soir garde la sienne.

Vendre ou consommer : un kWh injecté face à un kWh acheté

Vendre son électricité solaire est-il rentable en 2026 ? La rentabilité de la vente du surplus se lit dans l'écart entre le prix d'un kWh injecté et le prix d'un kWh acheté. Un kWh injecté vous rapporte le tarif de votre contrat. Un kWh consommé sur place vous évite d'acheter un kWh au réseau, au prix complet.

Le kWh acheté porte l'énergie, l'acheminement, l'accise sur l'électricité, les contributions et la TVA. Le kWh injecté ne rémunère que l'énergie, au tarif de l'arrêté. Cette différence de nature explique l'essentiel de l'écart.

Ce que vaut un kWhValeurSource
Injecté, demande depuis le 5 juin 20260,011 €arrêté du 1er juin 2026
Injecté, demande du 28 mars 2025 au 4 juin 2026 (9 kWc ou moins)0,04 €arrêté du 26 mars 2025
Acheté au tarif réglementé, option Base, 6 kVA0,2001 € TTCbarème du 1er août 2026, délibération CRE
Acheté sur SoFlex à 14h, moyenne horaire 2023 à 20260,162 € TTCAPI publique Sobry, hors abonnement et CTA

Au tarif réglementé Base, un kWh acheté coûte plus de 18 fois le kWh injecté à 1,1 c€. À 14h, l'heure où le prix horaire est en moyenne le plus bas, un kWh acheté sur SoFlex coûte encore près de 15 fois le kWh injecté à 1,1 c€. Au tarif de 4 c€, le kWh acheté au tarif réglementé Base vaut encore cinq fois le kWh injecté.

Garder son surplus passe par trois moyens, qui ne demandent pas le même investissement.

  • Déplacer ses usages vers les heures de production : ballon d'eau chaude, lave-linge, lave-vaisselle, recharge d'une voiture garée à la maison.
  • Stocker le surplus dans une batterie physique, pour le restituer le soir. La méthode pour dimensionner une batterie sur votre surplus part de vos courbes de production et de consommation.
  • Compter le surplus grâce à un stockage comptable, qui le déduit plus tard de la facture, avec ses propres frais. Le fonctionnement d'un stockage comptable du surplus est détaillé à part.

Une batterie peut aussi se charger sur le réseau quand le soleil manque, aux heures où le prix horaire est bas. Le guide pour piloter une batterie sur le prix horaire explique ce réglage. Aucun de ces moyens ne garantit un montant d'économie : le résultat dépend de la part de vos usages que vous pouvez déplacer.

Votre contrat de rachat ne dépend pas de votre fournisseur

Qui rachète l'électricité solaire ? Le rachat du surplus relève du seul contrat d'obligation d'achat, signé avec l'acheteur obligé pour 20 ans. Un fournisseur d'électricité, quel qu'il soit, facture l'électricité que vous soutirez et ne rachète pas votre surplus.

Le soutirage et l'injection font l'objet de deux contrats distincts, mesurés par deux comptages séparés. Le contrat de fourniture porte sur l'électricité que vous consommez depuis le réseau. Le contrat d'obligation d'achat porte sur l'électricité que vous injectez. Changer de fournisseur ne touche donc ni au contrat d'obligation d'achat ni à son tarif.

Sobry ne rachète pas le surplus. Sobry fournit l'électricité soutirée au prix horaire du marché, avec une part Sobry fixe de 0,010 €/kWh HTVA sur l'offre SoFlex, identique pour tous les clients. Les 24 prix du lendemain sont connus vers 13h, après la clôture de l'enchère day-ahead à 12h. Un plafond minimal existe sur SoFlex, unique sur toute l'année, appliqué au prix moyen mensuel de la fourniture, et sa valeur figure dans la grille tarifaire.

Pour un foyer équipé de panneaux, le prix horaire sert la part de consommation que le soleil ne couvre pas. Un appareil déplacé vers midi consomme le surplus les jours de soleil, et de l'électricité achetée à une heure en moyenne peu chère les jours gris. L'intérêt d'un prix horaire dépend de votre capacité à décaler votre consommation : une consommation rigide, concentrée sur la pointe du soir, n'en tire pas avantage.

Avant de décider : votre contrat, votre date, vos heures de production

Commencez par relever sur votre contrat d'obligation d'achat le tarif et la date de prise d'effet. Situez ensuite la date de votre demande de raccordement dans le tableau des trois régimes. Regardez enfin à quelles heures votre installation injecte, sur l'application de l'onduleur ou sur votre espace client Linky. Les kWh injectés à midi sont ceux qui rapportent le moins, et ce sont aussi ceux qu'un appareil déplacé vers les heures de production peut absorber. Pour la part de votre consommation que vos panneaux ne couvrent pas, vous pouvez simuler votre offre Sobry sur votre consommation, gratuitement et sans carte bancaire.

Notre guide « Comprendre le prix du kWh facturé par votre fournisseur d'électricité » traite ce sujet dans son ensemble.

Questions fréquentes

Peut-on quitter son contrat de rachat avant son terme ?

Les conditions de résiliation d'un contrat d'obligation d'achat figurent dans le contrat lui-même, et ce sont elles qu'il faut lire avant toute décision. Changer de fournisseur d'électricité n'oblige jamais à quitter son contrat de rachat, puisque les deux contrats sont distincts.

Quelle est la différence entre l'injection et l'autoconsommation ?

L'autoconsommation désigne l'électricité produite par vos panneaux et consommée au même moment par vos appareils. L'injection désigne la part de la production que vos appareils n'utilisent pas et qui part sur le réseau public. En vente du surplus, seule l'injection est rémunérée, au tarif du contrat d'obligation d'achat.

La vente totale est-elle encore possible en 2026 ?

Oui, pour une installation de plus de 9 kWc et de 100 kWc au plus. L'arrêté du 1er juin 2026 paie la vente totale au même tarif unique de 1,1 c€/kWh hors TVA que la vente du surplus. Une installation de 9 kWc ou moins n'a accès qu'à la vente du surplus.

Le contrat de rachat suit-il la vente de la maison ?

L'arrêté tarifaire prévoit la modification du contrat d'achat en cas de changement de producteur, ce qui couvre la vente du logement équipé. Le tarif d'achat dépend de la date de la demande de raccordement de l'installation, pas de la personne qui l'exploite. Les modalités de la reprise figurent dans le contrat d'achat, à lire avec l'acquéreur avant la vente.

Que se passe-t-il au bout des 20 ans du contrat ?

Le contrat d'obligation d'achat ne peut pas être prolongé avec l'acheteur obligé à son échéance, selon photovoltaique.info, page mise à jour le 28 septembre 2026. Le producteur peut alors passer en autoconsommation sans injection. Le producteur peut aussi céder gratuitement son surplus au gestionnaire du réseau de distribution, une voie limitée à ce jour aux installations de 3 kW au plus. Deux autres voies restent ouvertes : vendre son surplus à un acheteur qui assume la responsabilité d'équilibre, ou souscrire un stockage comptable.

Les revenus de la revente du surplus sont-ils imposables ?

Les revenus de la vente d'électricité solaire sont exonérés d'impôt sur le revenu si trois conditions sont réunies, selon service-public.gouv.fr. La puissance de l'installation ne dépasse pas 3 kWc, l'installation est raccordée au réseau public en 2 points au plus, et l'électricité ne sert pas à une activité professionnelle. Si l'une de ces conditions manque, les revenus sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.

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Écrit par
Jérémy Assayag
Entrepreneur et Executive MBA INSEAD, Jérémy accompagne les entreprises dans la transition énergétique et la décarbonisation. Fort de plus de dix ans d’expérience en achats d’énergie et finance d’entreprise, il met son expertise au service de grandes organisations.

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