Une flotte de véhicules électriques se recharge selon trois modèles : au dépôt ou sur le parking de l'entreprise, au domicile du collaborateur, et en itinérance sur les réseaux publics. La plupart des parcs combinent les trois, et chaque modèle a son prix du kilowattheure, sa donnée à collecter et sa fiscalité. Cette page compare les trois, puis dit pourquoi une flotte se prête au prix horaire, à condition d'automatiser.
Cette page ne chiffre pas un coût total de possession et ne promet aucune économie. Le dimensionnement du parc de bornes, le raccordement et l'obligation de pré-équipement des parkings sont traités sur la page consacrée à la borne de recharge en entreprise. Une autre obligation pèse sur les entreprises d'au moins 100 véhicules légers : un objectif de 18 % de véhicules à faibles émissions en 2026. Sous cet objectif, une taxe annuelle incitative s'applique, créée par la loi de finances 2025 et détaillée dans la doctrine fiscale publiée au BOFiP.
Les trois modèles, et ce que chacun coûte au kilowattheure
Le prix d'une recharge de flotte n'est pas un prix, c'est trois prix, un par modèle. Le dépôt suppose des bornes sur site, et dimensionner un parc de bornes et son raccordement précède tout calcul. Le domicile et l'itinérance ne demandent aucune borne à l'entreprise, et c'est ce qui les rend fréquents.
| Modèle | Où | Qui paie l'électricité | Quelle donnée | Quel prix du kilowattheure |
|---|---|---|---|---|
| Dépôt ou site | Parking de l'entreprise | L'entreprise, sur le contrat du site | Badge, comptage par session, horodatage | Celui du contrat du site, en électron seul et HTVA |
| Domicile du collaborateur | Chez le collaborateur | Le collaborateur, remboursé au réel | Borne communicante ou compteur dédié, ou télématique | Celui du contrat du collaborateur, en TTC |
| Itinérance | Réseaux publics | L'entreprise, par une carte de flotte | Relevé de la carte par session | Celui de l'opérateur, au kilowattheure ou à la minute, avec frais de session |
Pour rendre les trois modèles comparables, le prix de l'électron seul sur site se dit en euros par kilowattheure, et les mensualités en HTVA. Sur site, la TVA sur l'électricité est récupérable pour une entreprise assujettie, selon l'usage. Au domicile, le prix est celui d'une facture résidentielle, en TTC. En itinérance, le prix affiché au kilowattheure ne dit rien sans les frais de session et l'abonnement de la carte.
Au dépôt : le kilowattheure du site, et la donnée par badge
Le dépôt est le modèle le plus lisible : il repose sur un contrat de site, des bornes communicantes, un badge par véhicule et un comptage par session. La donnée du badge permet de ventiler l'énergie par véhicule et de distinguer les véhicules de service des véhicules de fonction. Cette donnée administre aussi la preuve d'un avantage en nature quand un collaborateur recharge un véhicule personnel. Le dépôt est aussi le seul modèle où l'entreprise choisit le contrat, et donc le prix du kilowattheure.
Le dépôt exige une fenêtre de stationnement, une puissance souscrite et un raccordement dimensionnés sur la simultanéité des charges, pas sur le nombre de bornes. La loi encourage par ailleurs les entreprises à ouvrir leurs bornes aux véhicules des collaborateurs. Le traitement social et fiscal de cette recharge a fait l'objet de dispositions spécifiques, à faire qualifier par l'expert-comptable.
Au domicile du collaborateur : le remboursement au réel
La recharge au domicile du collaborateur est le modèle le plus fréquent pour les véhicules de fonction, et le plus mal documenté. Le collaborateur charge chez lui, sur son contrat, et l'entreprise le rembourse. Deux erreurs guettent : appliquer un forfait kilométrique conçu pour le thermique, ou rembourser sur une estimation.
La méthode du remboursement au réel tient en une mesure et une multiplication. Une borne communicante ou un compteur dédié, installé chez le collaborateur, mesure les kilowattheures reçus par le véhicule et rien d'autre. La télématique du véhicule peut servir de troisième source, avec une limite : elle mesure ce que reçoit la batterie, pas ce que compte le compteur. Les pertes de charge séparent l'énergie reçue par la batterie de celle comptée au compteur. Les kilowattheures mesurés, multipliés par le prix du kilowattheure lu sur la facture du collaborateur, donnent le montant à rembourser au réel.
L'heure compte aussi chez le collaborateur : il charge la nuit, et son option ou son contrat décide de ce que vaut cette heure. Ce que les heures creuses règlent sur la facture du collaborateur est plus étroit qu'on ne le croit. Pour un véhicule de fonction, les frais d'électricité payés par l'employeur ne sont pas retenus dans le calcul de l'avantage en nature, selon la doctrine fiscale publiée au BOFiP. Le régime social du remboursement relève de l'expert-comptable ; cette page en décrit la méthode.
En itinérance : la carte de flotte, pour la route et pas pour le quotidien
Sur une borne publique, le prix est celui de l'opérateur. Ce prix se compose d'un prix au kilowattheure ou à la minute, de frais de session, d'un surcoût hors du réseau de la carte, et d'un abonnement. La carte de flotte se choisit sur le réseau qu'elle couvre là où les véhicules roulent et sur les frais hors réseau. Un prix d'appel ne vaut que sur le réseau de l'émetteur.
L'itinérance sert la route et le dépannage. Un parc qui dépend de l'itinérance au quotidien paie le kilowattheure le plus cher des trois modèles. Ce que coûte une recharge sur borne publique et sur autoroute le montre sur la même formule que le domicile.
Pourquoi une flotte se prête au prix horaire, à condition d'automatiser
Une flotte a deux fenêtres de stationnement que peu d'usages ont :
- la nuit au dépôt, sur huit heures ou plus ;
- le milieu de journée sur le parking, pour les véhicules qui rentrent entre deux tournées.
Sur un contrat indexé sur le marché, ces deux fenêtres coïncident avec les creux du prix, la nuit et quand le solaire produit. Les 24 prix horaires du lendemain sont connus vers 13h, après la clôture de l'enchère EPEX SPOT Day-Ahead à 12h, ce qui permet de placer les sessions la veille.
Le prix horaire convient à une flotte à condition que la recharge ne repose sur aucun salarié. Sobry publie une API publique qui renvoie le prix horaire, utilisable depuis un système tiers, et envoie des alertes quand le prix chute. Un gestionnaire de charge branché sur ce prix place les sessions du parc sans intervention, borne par borne, dans la fenêtre de chaque site. Ce pilotage est la gestion de flotte appliquée à l'énergie : une règle par site, un contrôle mensuel des sessions.
Un parc qui charge à la pointe du soir sans pilotage paie plus au prix horaire qu'à prix fixe. Un plafond minimal existe sur l'offre indexée, unique sur toute l'année, appliqué sur le prix moyen mensuel de l'électron seul ; sa valeur figure dans la grille tarifaire. Avant de choisir, quel contrat d'électricité pour une flotte se lit sur les fenêtres de stationnement, pas sur le prix affiché. Une simulation à partir de ces fenêtres et du kilométrage du parc donne l'ordre de grandeur en quelques minutes.
Pour automatiser sans dépendre des salariés, cinq points sont à vérifier :
- un contrat qui donne un prix par heure ;
- des bornes pilotables, au dépôt et chez les collaborateurs qui en ont une ;
- un gestionnaire de charge ou une intégration qui lit ce prix ;
- une règle par site, selon sa fenêtre de stationnement ;
- un contrôle mensuel des sessions, par badge ou par compteur.
La fiscalité, par cas et sans barème
Sur les pages classées relevées le 23 septembre 2026, nous avons mesuré que trois des six questions posées par les lecteurs portent sur la TVA et la facturation. Le tableau suivant dit ce qui s'applique en fiscalité de flotte, sans barème.
| Cas | Ce qui s'applique | Ce qui décide |
|---|---|---|
| TVA sur l'électricité de recharge | Récupérable pour une entreprise assujettie | L'usage du véhicule et le régime de l'entreprise |
| Véhicule de fonction rechargé sur site ou chez soi | Avantage en nature, régime spécifique qui évolue | La donnée par véhicule, pour en administrer la preuve |
| Taxe sur l'affectation des véhicules à des fins économiques | Les véhicules électriques en sont exonérés | La motorisation, à la date d'affectation |
Aucun barème ici : chaque ligne se qualifie avec l'expert-comptable, sur la situation de l'entreprise. Côté installation, la prime ADVENIR ne finance plus, en 2026, les bornes destinées aux flottes de véhicules légers ni aux salariés. Seules les flottes de poids lourds et d'autocars restent éligibles, et la pose supporte une TVA à 20 %. La convention de prix, elle, se lit sur la grille tarifaire publique du 18 mars 2026. La facturation d'une recharge dépend de qui charge : un véhicule de service relève de l'exploitation, un tiers fait de l'entreprise un opérateur de recharge, avec ses obligations d'information tarifaire.
Par quoi commencer
Pour organiser la recharge d'une flotte, commencez par trois gestes, dans l'ordre :
- répartir le parc entre les trois modèles selon l'endroit où dorment les véhicules ;
- installer le comptage avant de refacturer quoi que ce soit, par badge au dépôt et par borne communicante chez les collaborateurs ;
- choisir le contrat du site sur ses fenêtres de stationnement, pas sur le prix affiché.
Choisir le contrat du site pose une question nouvelle : ce que les fenêtres de stationnement du parc donneraient sur un prix qui change chaque heure. Pour y répondre avec vos propres données, simulez l'offre Sobry à partir des fenêtres de stationnement et du kilométrage de votre flotte, gratuitement et sans carte bancaire.


